Le bras de fer entre Washington et Téhéran connaît un nouveau rebondissement, peut-être l’un des plus délicats depuis plusieurs semaines. Alors que les menaces militaires reviennent au premier plan, une intense activité diplomatique se déploie parallèlement en coulisses, avec le Qatar en position de médiateur.
Dimanche, le commandement militaire iranien a affirmé disposer d’informations laissant penser que les États-Unis prépareraient une reprise de leurs frappes contre l’Iran. Téhéran prévient qu’une nouvelle attaque entraînerait des représailles contre les bases et intérêts américains dans la région. Les pays qui mettraient leur territoire ou leurs installations à disposition de Washington sont également avertis qu’ils pourraient être considérés comme parties prenantes.
Donald Trump entretient lui-même l’incertitude. Le président américain a indiqué être en phase de décision, évoquant trois scénarios : reprendre l’action militaire, accentuer la pression économique ou parvenir à un accord. Plus surprenant encore, il s’est déclaré disposé à rencontrer le président iranien Massoud Pezeshkian en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.
Le Qatar tente de rouvrir la porte
C’est justement sur le terrain diplomatique que les mouvements les plus intéressants sont observés. Doha confirme jouer les intermédiaires entre les deux capitales, plusieurs propositions circulant actuellement dans l’espoir de relancer les négociations.
Téhéran a transmis par l’intermédiaire du Qatar ses conditions à Washington : arrêt des attaques américaines et de la guerre sur les différents fronts, levée du blocus naval frappant les ports iraniens, déblocage de plusieurs milliards de dollars d’avoirs gelés et fin de certaines mesures américaines contre l’Iran.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a justement quitté Téhéran pour New York, avec une escale au Qatar, donnant encore davantage d’importance aux tractations qui accompagneront l’Assemblée générale des Nations unies.
Ormuz reste le nerf de la guerre
Le dossier du détroit d’Ormuz pourrait cependant faire échouer toute tentative de rapprochement. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, affirme que cette voie maritime stratégique restera fermée tant que Washington n’aura pas rempli ses engagements.
Et les conséquences sont désormais considérables. Selon les données maritimes rapportées lundi par Reuters, seulement 17 navires transportant des matières premières ont traversé le détroit durant le week-end, contre 37 le week-end précédent. Avant la guerre, environ 125 navires y transitaient quotidiennement.
Les marchés du Golfe ont d’ailleurs ouvert la semaine sous pression, les nouvelles menaces entre Washington et Téhéran s’ajoutant aux attaques houthis contre des objectifs saoudiens.
La situation prend ainsi une tournure paradoxale : jamais depuis plusieurs semaines Washington et Téhéran n’avaient semblé aussi proches d’une nouvelle confrontation militaire, tout en laissant simultanément entrouverte la porte des négociations.
Les regards sont désormais tournés vers New York. Une rencontre Trump-Pezeshkian constituerait un développement diplomatique majeur. À l’inverse, l’échec de la médiation qatarie pourrait ramener rapidement la région au scénario que tous redoutent : une nouvelle séquence de frappes et de représailles dont le détroit d’Ormuz serait une nouvelle fois l’un des principaux théâtres.












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