Les relations exemplaires entre le Maroc et la Banque mondiale, son principal bailleur de fonds aux côtés du Fonds monétaire international (FMI), viennent de franchir une nouvelle étape avec le satisfecit exprimé par l’institution sur les performances de l’économie marocaine, une situation que le Royaume n’avait plus connue depuis une décennie.
Dans son dernier rapport, la Banque mondiale s’attarde longuement sur les progrès réalisés et les indicateurs positifs qui marquent ce diagnostic très attendu par les autorités financières et monétaires, les médias ainsi que l’opinion publique. Ce document fait figure de véritable feu vert de l’institution, même si celle-ci rappelle que tout n’est pas parfait et que plusieurs défis demeurent. Selon elle, la reprise de l’agriculture, la relance de l’investissement public et les préparatifs de la Coupe du monde 2030 contribuent de manière décisive à cette dynamique retrouvée.
Après dix années marquées par une évolution en dents de scie, le Maroc retrouve en effet un rythme de croissance qu’il n’avait plus connu depuis longtemps. L’économie nationale semble désormais engagée dans une phase ascendante après avoir subi plusieurs chocs, notamment les épisodes de sécheresse successifs et les difficultés persistantes en matière de création d’emplois.
Dans son rapport intitulé « L’économie marocaine à l’ère du numérique : de la connectivité à la productivité », la Banque mondiale souligne que le PIB a progressé de 4,79 % en 2025 et devrait atteindre 4,2 % en 2026. Elle précise que ce léger ralentissement s’explique principalement par un facteur exogène, à savoir les tensions géopolitiques liées au conflit dans le Golfe. Sans cet élément perturbateur, la croissance aurait pu avoisiner les 5 %, estiment les experts de l’institution, qui saluent au passage les orientations économiques retenues par les autorités marocaines.
Plus loin, dans une analyse qui met également en lumière les chantiers prioritaires, les auteurs du rapport insistent sur le retard important qu’il reste à combler dans le domaine des technologies avancées. Selon leurs constats, quatre entreprises marocaines sur cinq n’utilisent toujours pas ces outils, une anomalie majeure en 2026 qui pèse lourdement sur la compétitivité nationale. Pour la Banque mondiale, cette faiblesse constitue l’un des principaux freins au maintien de la dynamique économique actuelle et devra être corrigée rapidement afin de consolider les acquis enregistrés ces dernières années.
Par Jalil Nouri



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