À quelques semaines des élections législatives prévues en septembre prochain, la question de la participation politique des Marocains résidant à l’étranger (MRE) revient avec insistance dans le débat public. Une nouvelle fois, plusieurs voix plaident pour une implication plus forte de cette composante essentielle de la nation, forte de plusieurs millions de citoyens établis aux quatre coins du monde, dont l’apport économique, social et culturel au Royaume ne cesse de croître.
Parmi les défenseurs de cette vision figure le politologue Dr Redouane Kadiri, président de la Fondation des Compétences des Marocains Résidant à l’Étranger, qui estime que la diaspora ne peut plus être cantonnée à un simple rôle économique. Pour lui, les compétences marocaines installées à l’étranger constituent une véritable richesse stratégique qui mérite d’être davantage associée aux grandes décisions nationales.
« Les Marocains du monde doivent être considérés comme une force de proposition et non uniquement comme des pourvoyeurs de devises », souligne le Dr Redouane Kadiri, appelant à une représentation politique plus conforme à leur poids réel et à leur contribution au développement du pays.
Chaque année, les transferts financiers des MRE représentent plusieurs dizaines de milliards de dirhams, auxquels s’ajoutent des investissements, des projets entrepreneuriaux ainsi qu’un précieux transfert de savoir-faire. Pourtant, nombreux sont ceux qui estiment que cette communauté reste insuffisamment intégrée aux mécanismes de décision publique.
À l’approche des échéances électorales, plusieurs observateurs considèrent que le moment est venu d’ouvrir un débat serein sur les modalités d’une participation plus active de la diaspora, que ce soit par une représentation parlementaire spécifique, un renforcement des instances consultatives ou une meilleure implication dans l’élaboration des politiques publiques.
Au-delà de l’enjeu électoral, cette réflexion s’inscrit dans une dynamique plus large visant à mobiliser toutes les compétences marocaines, où qu’elles se trouvent, au service des grands chantiers du Royaume. Les préparatifs de la Coupe du monde 2030, l’accélération des investissements et les profondes transformations économiques du pays renforcent la nécessité de créer des passerelles durables entre le Maroc et ses talents établis à l’étranger.
Pour le Dr Redouane Kadiri, cette évolution relève moins d’une revendication que d’une logique nationale. Associer pleinement les Marocains du monde à la vie démocratique permettrait de consolider les liens qui les unissent à leur pays d’origine tout en mettant leur expérience internationale au service du développement du Royaume.










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