La Coupe du monde 2026 met en lumière un phénomène préoccupant au Maghreb : jamais depuis longtemps les rivalités sportives entre Marocains et Algériens n’ont semblé aussi exacerbées. Sur les réseaux sociaux comme dans certains débats médiatiques, nombreux sont ceux qui suivent les matchs de leur voisin davantage pour espérer sa défaite que pour célébrer les performances du football maghrébin.
Cette situation n’est pourtant pas née avec le Mondial américain. Elle s’inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes entre Rabat et Alger, aggravées par la rupture des relations diplomatiques en 2021, le différend autour du Sahara, les rivalités d’influence en Afrique et les campagnes médiatiques menées de part et d’autre. Ces tensions ont progressivement contaminé des domaines qui, autrefois, constituaient des espaces de rapprochement entre les peuples.
Le football est devenu l’un des principaux théâtres de cette confrontation indirecte. La CAN 2025 organisée au Maroc a constitué un tournant. Si les premiers jours avaient laissé entrevoir une fraternité retrouvée autour du slogan « Khawa Khawa », plusieurs polémiques ont rapidement ravivé les antagonismes, notamment autour de l’arbitrage, de l’organisation, des réseaux sociaux et de certaines interprétations politiques de l’événement.
À cela s’ajoute une véritable guerre informationnelle numérique. Chaque victoire ou contre-performance devient un sujet de confrontation. Les plateformes sociales amplifient les excès, les insultes et les provocations. Une minorité très active impose souvent un climat de surenchère qui donne l’impression que deux peuples entiers se détestent, alors que la réalité est beaucoup plus nuancée.
Pourtant, les raisons sportives de cette hostilité restent limitées. Historiquement, Marocains et Algériens ont longtemps partagé une admiration réciproque. Lors du sacre algérien à la CAN 2019, de nombreux Marocains avaient félicité les Fennecs. De même, lors de l’épopée historique des Lions de l’Atlas au Mondial 2022, une partie importante de l’opinion algérienne avait soutenu le Maroc avant que les tensions politiques ne reprennent le dessus.
Le paradoxe est là : plus les relations officielles se dégradent, plus les peuples se découvrent des ressemblances. Langue, culture, gastronomie, musique, histoire familiale, immigration et même passion du football rapprochent davantage qu’ils ne divisent.
La Coupe du monde 2026 illustre ainsi une réalité inquiétante : le football est devenu le miroir d’un conflit politique qui le dépasse largement. Mais il rappelle aussi qu’aucune rivalité sportive n’est éternelle. Le jour où les relations entre les deux États s’apaiseront, les stades pourraient redevenir ce qu’ils auraient toujours dû être : des lieux de compétition, certes, mais aussi de respect mutuel entre deux peuples condamnés par l’histoire et la géographie à rester voisins.
Il est temps de rappeler que le football doit rester une fête et non un motif de division. Marocains et Algériens partagent une histoire, une culture et des liens humains bien plus forts que les querelles politiques du moment. Les réseaux sociaux, les médias et les supporters ont un rôle essentiel à jouer pour apaiser les tensions. Souhaiter la défaite du voisin n’apporte rien. Le véritable succès serait de voir les deux peuples retrouver le respect mutuel et faire du sport un pont de rapprochement plutôt qu’un terrain d’affrontement.
Par M. Rouane












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si seulement les médias diffusaient l’information du nombre de familles Marocaines et Algériennes liées par le sang, peut être cela apaiserait certains esprits qui agissent mal par mimétisme
Le sport doit être fédérateur et surtout sans frontière !