La solution peut-elle venir des urnes !?
Sans vraiment passionner grand monde, les élections législatives du 23 septembre risquent d’être un très grand moment de désaffection et d’abstention.
Effectivement, sur 26 millions de Marocains en âge de voter, seuls 15,8 millions sont inscrits sur les listes électorales et une grosse proportion devrait s’abstenir.
Si la proposition de vote obligatoire a très vite été abandonnée, il faut croire que les partis, dont surtout ceux de la majorité, trouvent un intérêt particulier à ce que le taux d’abstention soit élevé, car avec le mode de scrutin de liste, ils ont la garantie d’être en tête de tableau !
On se retrouve ainsi avec un scrutin en déficit de crédibilité et de légitimité, avec la désaffection d’une grosse partie de la classe moyenne et plus que moyenne qui ne se sent pas concernée !
Aucune offre politique !?
Des Marocains qui voudraient y croire encore, qui voudraient s’engager, qui ont envie d’être utiles à leur pays, mais qui constatent, dans l’amertume de l’impuissance et de la résignation, que le paysage politique est totalement bloqué.
Au Maroc, en cette veille d’élections marquée par une ambiance terne et insipide, ces Marocains voulaient juste qu’on leur donne une raison de croire que la politique peut encore transformer le Maroc, qu’il est encore possible de restaurer la confiance en la politique et en ce qui leur tient lieu de classe politique !
Mais malheureusement, le topo est resté le même et la majorité des partis ont préféré le caniveau, le populisme et le degré zéro de la politique.
On a ainsi assisté à des règlements de compte, des attaques en règle et des promesses irrationnelles, surréalistes et carrément mensongères.
Catalogue de bonnes intentions !?
7 500 DH comme indemnité pour les chômeurs, 5 000 DH pour les jeunes souhaitant se marier, électricité gratuite pour ceux qui ont des factures de moins de cent dirhams !
Le plus hallucinant est certainement un certain Talbi Alami du RNI, qui a osé promettre qu’il n’y aurait plus de pauvres, et Ouzzine du MP, qui promet qu’il n’y aura plus de loyers, juste des propriétaires !
Outre le mercato, il y a eu un véritable cirque dans ce souk des élections avec ce qui nous tient lieu de classe politique.
Une élection ne devrait pas seulement être une course vers les portefeuilles et les rentes, un concours de gestionnaires ou un débat sur le bilan du gouvernement sortant.
Elle devrait être l’occasion de répondre à une question essentielle : quel Maroc voulons-nous construire ensemble dans 10, 20 ou 30 ans ?
Scandales à répétition !
Le bilan du gouvernement Akhannouch, longtemps écarté et éloigné de la main par les partis de la majorité, s’est fatalement invité à ces élections.
Le pire, c’est que le PAM et le RNI, si solidaires et compatibles durant les cinq dernières années, se sont déclaré la guerre et n’ont pas cessé de se déchirer sur la place publique au sujet de leurs « fameux exploits » au sein de l’exécutif, se faisant porter la responsabilité des scandales à répétition et des détournements de fonds en cascade !
Jusque-là, le RNI, le PAM et l’Istiqlal étaient dans le déni par rapport aux conséquences néfastes et désastreuses de leur action sur le quotidien des citoyens, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, du niveau de vie ou de l’emploi.
Associations de malfaiteurs !?
Le PAM, le RNI et le PJD se sont ainsi livrés, à l’approche des élections, à une véritable guerre de chiffonniers et les noms d’oiseaux ont fusé de toutes parts.
Et Abdelilah Benkirane n’a pas raté l’occasion de s’en donner à cœur joie, profitant de la longue liste des scandales du gouvernement Akhannouch, dans un mélange de populisme et de règlements de compte, pour appeler à ce que tous les coupables de détournements de fonds soient traduits en justice.
Nabilla Mounib, du Front de la gauche, ou du moins ce qui en reste, a préféré s’adresser directement au rapport de force avec le Palais, s’appuyant sur les arguments de répartition des pouvoirs comme prévu par la Constitution du Royaume, de répartition des richesses, s’exprimant frontalement et ouvertement quant aux limites et failles du système politique du Maroc !
Seul le parti de l’Istiqlal a échappé à ce cirque. Mais est-ce raisonnable et juste de faire campagne en occultant la responsabilité de l’Istiqlal, qui était pourtant partie prenante du gouvernement Akhannouch !?
Le parti de la Balance est effectivement dans le déni par rapport à sa responsabilité politique, estimant ne pas devoir assumer le bilan catastrophique, avec des scandales à répétition, du gouvernement Akhannouch, alors que son secrétaire général a très longtemps gardé le silence sur les défaillances de l’exécutif avant de s’exprimer trop tard et maladroitement !
Le paysage politique ? Une course vers les portefeuilles et les rentes !
Devant l’impuissance et l’absence de volonté politique à trouver des solutions aux crises sociales provoquées et amplifiées par le gouvernement Akhannouch, l’exécutif a préféré se focaliser sur le front extérieur en se trouvant des ennemis qui menaceraient le Royaume.
En effet, le feuilleton des événements de Sebta est absolument une fuite en avant pour détourner les regards, alors que les problèmes et les contraintes vont fatalement s’accentuer sur le front interne !
En outre, se faire dicter sa ligne de conduite diplomatique par Tel-Aviv et Washington aura des répercussions durables en matière de souveraineté !
On les a déjà vus au gouvernement déclarer que le programme de la majorité gouvernementale n’était pas celui de leur parti, mais celui du Roi !!!!
On a les partis qu’on mérite ou qu’on ne mérite pas, c’est selon…
La solution ne viendra pas des urnes avec les MRE qui seront, une nouvelle fois, exclus et marginalisés, contrairement aux discours, alors qu’ils constituent une force économique de premier plan !
La solution ne viendra pas des urnes, surtout si la nouvelle majorité se cache derrière le « programme de Sa Majesté » pour dissimuler son manque de vision d’avenir, de volonté politique et de plans d’action pour reconstruire ce qui risque de s’effondrer !
La solution ne viendra pas des urnes si l’on se retrouve avec un gouvernement Akhannouch bis, avec un nouveau chef de gouvernement pour conduire le Maroc vers la Coupe du monde 2030 !
La solution ne viendra pas des urnes s’il n’y a pas de débat démocratique et citoyen concernant la souveraineté agricole, la souveraineté hydrique, la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire, le pouvoir d’achat, les prix du carburant, la santé publique et l’éducation nationale !
La solution ne viendra pas des urnes si la majorité qui va en sortir ne nous livre pas une véritable vision d’avenir, où le citoyen sera la finalité, avec des projets capables de transformer le Maroc positivement et durablement.
Une vision qui explique et rassure les Marocains quant à la société que vous voulez laisser aux générations montantes qui viendront après nous.












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