Une vaste affaire d’escroquerie à l’émigration secoue la ville de Tanger. Les éléments de la police judiciaire relevant de la préfecture de police de Tanger ont accéléré leurs investigations autour d’un réseau présumé impliqué dans la délivrance de faux contrats de travail pour la Belgique, contre des sommes atteignant plusieurs millions de dirhams.
Selon des sources bien informées citées par Hespress, cette enquête a été déclenchée sur instructions directes du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Tanger, après une série de plaintes déposées par des victimes. Ces dernières affirment avoir été attirées par un bureau spécialisé dans les services d’immigration et de voyages, installé à Tanger, qui leur promettait des contrats de travail leur permettant de s’installer légalement en Belgique.
Le réseau présumé, dont les ramifications s’étendraient entre le Maroc, la Belgique et l’Angleterre, aurait utilisé les réseaux sociaux pour séduire des candidats à l’émigration issus de différentes régions du Royaume. À travers des annonces et des vidéos promotionnelles, les mis en cause auraient présenté leurs services comme fiables, affirmant avoir déjà permis à plusieurs clients de rejoindre l’Europe.
Le montant exigé pour chaque dossier avoisinait les 120.000 dirhams. Les victimes devaient d’abord verser une avance comprise entre 30.000 et 40.000 dirhams, en espèces ou par virement bancaire, en échange d’un reçu et d’un contrat précisant la nature du travail promis, le montant global à payer et les délais de traitement du dossier.
Quelques semaines plus tard, les candidats étaient informés que leurs demandes avaient été enregistrées sur une prétendue plateforme belge baptisée « BelgianID Pro ». Cette étape nécessitait, selon les intermédiaires, le paiement d’une deuxième tranche de 30.000 dirhams. Les victimes recevaient alors une attestation d’inscription avant de se voir remettre des contrats de travail présentés comme définitifs.
Mais les soupçons ont commencé à apparaître lorsque certains documents ont été présentés aux services consulaires. Les victimes ont découvert que leurs dossiers avaient été transmis à l’Office des étrangers en Belgique pour vérification, ce qui a fait naître de sérieux doutes sur la régularité de la procédure.
En contactant les responsables de l’entreprise belge supposée être à l’origine des contrats, plusieurs plaignants auraient appris que cette société n’avait reçu qu’une partie infime des sommes versées. Ses dirigeants auraient également affirmé que plusieurs contrats étaient falsifiés, que les rendez-vous consulaires obtenus avaient été annulés et que les documents remis aux candidats ne correspondaient pas à ceux de l’entreprise.
Après cette découverte, les victimes ont tenté de récupérer leur argent. Mais elles se sont heurtées à la fermeture soudaine du bureau de Tanger et à la disparition de plusieurs responsables, dont le principal gestionnaire, qui aurait quitté le Maroc pour la Belgique avant de rejoindre l’Angleterre.
Le nombre de victimes pourrait encore augmenter, à mesure que de nouvelles plaintes parviennent à la justice. Les plaignants accusent les mis en cause de fraude, d’abus de confiance, de falsification de documents administratifs et d’usage de faux. Ils réclament l’ouverture d’une enquête approfondie, l’audition des personnes encore présentes sur le territoire national et la réparation des préjudices matériels et moraux subis.
Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur les réseaux d’intermédiation illégale dans l’émigration, qui exploitent le rêve européen de nombreux jeunes Marocains. Elle rappelle aussi la nécessité d’une vigilance accrue face aux offres trop séduisantes diffusées sur les réseaux sociaux, notamment lorsqu’elles promettent des contrats de travail à l’étranger contre d’importantes sommes d’argent.












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