Depuis dimanche 11 octobre, Khaled Haftar, chef d’état-major des forces relevant du commandement de l’Est libyen, se trouve au Maroc pour une visite officielle. Fils du maréchal Khalifa Haftar, il occupe une fonction majeure dans l’appareil militaire qui contrôle l’est et une grande partie du sud de ce pays toujours marqué par la division politique et institutionnelle.
Dans l’Est libyen, le maréchal et ses fils constituent un puissant pôle militaire et politique, rival des autorités établies à Tripoli. Leur recherche de reconnaissance régionale et internationale offre une grille de lecture de ce déplacement. Il serait toutefois prématuré d’affirmer que Khaled Haftar est venu à Rabat sur les conseils des Émirats arabes unis : aucun élément vérifié ne permet d’établir cette hypothèse.
La visite comporte une dimension militaire affichée. Lundi, Khaled Haftar a rencontré l’inspecteur général des Forces armées royales et commandant de la Zone Sud, le général Mohammed Berrid. Selon les informations attribuées à l’agence libyenne d’information, les échanges ont porté sur le renforcement de la coordination et de la coopération militaires.
Cette démarche intervient alors que le Maroc poursuit, depuis de longues années, ses efforts diplomatiques en faveur d’un règlement de la crise libyenne. Le Royaume a accueilli plusieurs cycles de discussions entre les représentants des institutions rivales, notamment ceux ayant conduit à l’accord de Skhirat en 2015. Ces rencontres ont permis des avancées, sans parvenir à réunifier durablement les institutions du pays.
L’enjeu pour Rabat est donc de maintenir le dialogue avec les différents acteurs libyens tout en préservant la crédibilité de sa médiation. Recevoir un responsable militaire de l’Est ne signifie pas, en soi, abandonner la recherche d’une solution politique inclusive. Mais la portée de ce rapprochement devra être appréciée à travers les suites concrètes de la visite.
La réconciliation nationale demeure l’objectif essentiel. Elle suppose des compromis entre les protagonistes, une réunification des institutions et une réduction des ingérences qui compliquent le règlement du conflit. Pour le Maroc, le défi consiste à faire de ses relations avec les parties libyennes un levier de rapprochement, au service d’une paix durable.












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