Le retard pris dans la composition du futur gouvernement et l’élaboration de sa charte n’a finalement pas pu être évité, donnant à cette phase préparatoire des allures de faux départ avant la présentation de l’équipe au roi Mohammed VI et son entrée en fonction.
Les derniers réglages institutionnels, mais surtout les polémiques internes et les brusques revirements au sein des partis, compliquent la naissance de cet exécutif, notamment en raison de la traditionnelle surenchère autour de l’attribution des postes. La nature humaine prenant le dessus, il reste difficile de satisfaire les appétits des formations participantes. Le PAM, appelé à diriger cet exécutif, ne se serait pourtant pas montré aussi gourmand qu’attendu, avec moins de dix départements envisagés et des prétentions limitées sur les ministères stratégiques les plus convoités.
Face à ces complications, la cheffe du gouvernement désignée, Fatima Ezzahra El Mansouri, se retrouve prise dans un engrenage dont l’opposition pourrait tirer avantage. Le PJD et le RNI, désormais ses adversaires parlementaires, auront notamment l’occasion de mettre la cohésion de sa majorité à l’épreuve lors de l’examen du projet de loi de finances. Ce premier rendez-vous budgétaire pourrait ainsi devenir un test politique majeur pour une équipe encore en construction.
Dans ce dur apprentissage, et après l’audience accordée mercredi par le roi Mohammed VI pour faire le point sur l’avancement de sa mission, la cheffe du gouvernement désignée traverse un examen de passage difficile. Aux exigences de ses partenaires s’ajouteraient les ambitions exacerbées de membres de son propre parti, pressés d’obtenir une promotion ministérielle.
Pour l’heure, son énergie et sa patience semblent principalement mobilisées pour arrondir les angles avec les partenaires de sa future coalition et contenir les mécontentements dans son camp. Reste à savoir si les compromis nécessaires à la naissance du gouvernement permettront aussi de construire la cohésion indispensable à son action.









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