Ce n’est qu’en fin de mandat que le gouvernement d’Aziz Akhannouch a décidé de prendre le taureau par les cornes en s’attaquant à une question devenue plus que jamais préoccupante : les déséquilibres nutritionnels qui affectent une grande partie de la population marocaine, y compris celle qui dispose pourtant des moyens de remplir quotidiennement son panier de courses.
C’est tout l’objet de la campagne nationale de sensibilisation qui vient d’être lancée, officiellement à l’abri de toute arrière-pensée électoraliste. Son ambition est d’encourager les Marocains, quel que soit leur âge, à adopter une alimentation saine, variée et équilibrée, riche en produits frais et nutritifs. L’objectif est de freiner la progression de l’obésité et des maladies chroniques qui en découlent, dont le coût pèse lourdement sur les finances publiques. Mais l’enjeu est également culturel : la restauration rapide et les habitudes alimentaires importées ont progressivement pris le pas sur la cuisine marocaine traditionnelle, pourtant reconnue pour ses qualités nutritionnelles lorsqu’elle est consommée avec modération.
Dans l’esprit du ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, principal artisan de cette campagne, cette stratégie vise à réconcilier les citoyens avec une cuisine simple, équilibrée et débarrassée des excès. Elle entend susciter une véritable prise de conscience collective face aux dérives alimentaires actuelles et enrayer la progression de maladies autrefois marginales, mais qui constituent désormais une menace croissante pour la santé publique. Les jeunes et les adolescents apparaissent comme les plus exposés, notamment sous l’influence des recommandations parfois trompeuses véhiculées sur les réseaux sociaux par des influenceurs sans compétence en matière de nutrition.
Manger mieux pour vivre mieux : tel est le message central de cette campagne, qui intervient toutefois avec un certain retard. Beaucoup estiment qu’elle aurait gagné en efficacité si elle avait été précédée par de véritables assises nationales consacrées à l’alimentation et à la nutrition, d’autant que les études sur l’évolution des habitudes alimentaires des Marocains sont nombreuses. Reste à espérer que cette initiative ne s’arrêtera pas à une simple campagne de communication et qu’elle sera prolongée par le prochain gouvernement à travers une politique publique ambitieuse faisant de la santé dans l’assiette une priorité nationale.
Par Jalil Nouri












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