Le retour qu’il avait annoncé s’est achevé à la préfecture de police. Arrivé lundi 28 septembre à l’aéroport Tanger-Ibn Battouta sur un vol en provenance de Malaga, Mounir Limouri, maire de Tanger et responsable du PAM dans la préfecture de Tanger-Assilah, a été interpellé, puis conduit devant les enquêteurs de la police judiciaire. Après plusieurs heures d’audition, il a été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur les bulletins électoraux découverts le jour des législatives à l’école Al-Qods. Cette dernière mesure est rapportée lundi soir par plusieurs médias citant des sources proches du dossier.
Quelques jours plus tôt, son départ pour l’Espagne avait alimenté les spéculations à Tanger. Le maire avait rejeté l’idée d’une fuite, expliquant que son déplacement répondait à des engagements professionnels. Il avait promis de rentrer et de répondre aux questions des autorités. Il est effectivement revenu ce lundi, alors qu’un avis de recherche avait été émis à son encontre dans le cadre de l’enquête.
L’affaire remonte au scrutin du 23 septembre. Une personne avait été trouvée en possession d’un sac contenant des bulletins de vote liés à des bureaux installés dans l’établissement. Selon les conclusions préliminaires rendues publiques par le parquet général près la cour d’appel de Tanger, les recherches ont d’abord conduit à l’interpellation de cinq personnes, dont deux présidents de bureaux de vote et leurs deux adjoints.
Le parquet a également indiqué que des bulletins auraient été sortis de l’école avant d’être rapportés dans les bureaux de vote. Autre élément soumis à l’enquête : l’encre relevée sur les documents saisis différerait de celle utilisée dans les bureaux concernés. Les enquêteurs doivent établir l’origine de ces bulletins, la chronologie de leur circulation et le rôle éventuel de chaque personne citée dans le dossier.
L’enquête ne se limite plus au seul volet judiciaire. Le ministère de l’Intérieur a dépêché une commission centrale d’inspection à Tanger pour examiner les irrégularités signalées dans deux bureaux de vote de la circonscription Tanger-Assilah. Cette démarche administrative avance parallèlement aux investigations conduites sous l’autorité de la justice.
La garde à vue de Mounir Limouri marque une étape dans une affaire qui touche directement à la confiance accordée au scrutin. Elle ne constitue ni une condamnation ni la preuve de son implication dans une fraude. Les prochaines décisions judiciaires devront préciser les faits susceptibles de lui être reprochés et les suites données à son audition. Pour les électeurs de Tanger, l’enjeu est désormais d’obtenir une explication complète et vérifiable de ce qui s’est produit dans ces bureaux de vote.



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