Le point culminant de cette mobilisation polémique a été atteint lorsqu’un nouveau cap a été franchi avec l’entrée en scène de deux formations politiques : Sumar, membre de la coalition gouvernementale espagnole, et le parti écologiste portugais Livre. Main dans la main, ces deux partis ont appelé leurs gouvernements respectifs à se retirer de l’organisation de la Coupe du monde 2030, laissant le Maroc seul hôte de la compétition.
À première vue, un tel scénario paraît difficilement envisageable tant les conséquences seraient considérables. Un retrait de l’Espagne et du Portugal bouleverserait l’organisation du Mondial, exposerait les deux pays à de lourdes répercussions diplomatiques et sportives et les placerait en confrontation directe avec la FIFA ainsi qu’avec l’ensemble de la communauté du football international. Toutefois, les initiateurs de cette proposition semblent estimer que le contexte politique et social actuel dans leurs pays leur est favorable et que placer le Maroc dans une situation délicate pourrait constituer un levier de pression.
Qu’elle demeure symbolique ou qu’elle prenne davantage d’ampleur, cette initiative soulève plusieurs interrogations. Si le Maroc devait, dans une hypothèse extrême, assumer seul l’organisation du Mondial 2030, serait-il en mesure de relever un défi d’une telle ampleur ? La question est d’autant plus pertinente que la compétition réunira 48 sélections nationales, tandis qu’un projet, toujours à l’étude au sein de la FIFA, envisage même un passage à 64 équipes.
Déjà engagé dans un vaste programme de modernisation et de reconfiguration de ses stades, le Royaume devrait, dans un délai particulièrement court, augmenter considérablement ses capacités d’accueil, tant sur le plan des infrastructures sportives que des établissements hôteliers et des réseaux de transport. Un tel scénario apparaît aujourd’hui difficilement réalisable sans l’appui d’autres partenaires. Certains évoquent même, à titre purement spéculatif, la possibilité de faire appel à un autre pays méditerranéen, comme l’Italie, si une telle situation venait un jour à se présenter.
Autre élément ayant contribué à alimenter cette polémique : la rumeur, depuis démentie par la FIFA, selon laquelle son président, Gianni Infantino, aurait personnellement insisté pour que la finale du Mondial 2030 soit disputée au futur Grand Stade Hassan II de Benslimane. Bien que cette information ait été officiellement réfutée, elle a nourri de nombreuses réactions dans certains milieux politiques et médiatiques espagnols et portugais, venant s’ajouter aux tensions déjà provoquées par les événements de Ceuta.
Une chose est sûre : à quatre ans de la Coupe du monde 2030, le dossier sportif risque de rester étroitement lié aux enjeux politiques et diplomatiques. Le défi consistera désormais à empêcher que ces tensions ne viennent perturber un projet qui se veut avant tout une célébration universelle du football.
Par Jalil Nouri












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