Le coup est très dur pour le Parti du Tracteur, qui voit sa coordinatrice générale et figure de premier plan, promise à devenir la secrétaire générale effective du parti après les élections de septembre, voire cheffe du gouvernement en cas de victoire, Fatima-Zahra Mansouri, menacée par un acharnement judiciaire présumé autour d’une affaire de conflit d’intérêts.
Les premiers éléments de ce dossier, qui pourrait prendre une ampleur politique considérable, mettent en cause la responsable en sa double qualité de maire de Marrakech et de ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de l’Aménagement du territoire et de la Politique de la ville. Il lui est reproché d’être intervenue afin de retarder l’adoption d’un plan d’aménagement incluant des terres agricoles devant être préservées, au profit de projets immobiliers appartenant à des membres de sa famille.
La maire et ministre rejette catégoriquement ces accusations, qu’elle qualifie de totalement infondées. Elle dénonce une campagne de diffamation et menace les parties à l’origine de ces allégations de poursuites judiciaires, assorties de demandes de dommages et intérêts conséquents.
Avec cette affaire et les risques d’affaiblissement de Fatima-Zahra Mansouri à la tête du PAM, qui ambitionne plus que jamais d’occuper la première place lors des prochaines élections législatives, le parti pourrait être amené à renforcer son dispositif dirigeant. Dans cette perspective, la formation politique aurait intérêt à préparer de nouveaux profils capables d’assumer les plus hautes responsabilités, notamment des technocrates susceptibles d’être progressivement intégrés à ses structures et familiarisés avec son programme, encore tenu confidentiel. Une chose semble certaine : le travail de recrutement et de préparation des cadres est déjà en cours.
Dans le même ordre d’idées, plusieurs observateurs évoquent l’hypothèse d’un rapprochement avec Faouzi Lakjaâ, ministre délégué chargé du Budget et figure incontournable du football marocain. Considéré comme l’un des artisans du projet du Mondial 2030, il apparaît aujourd’hui comme l’un des responsables les plus en vue de la scène publique marocaine.
Dans l’hypothèse d’un retrait ou d’un affaiblissement politique de Fatima-Zahra Mansouri, certains imaginent déjà voir Faouzi Lakjaâ effectuer une entrée remarquée dans l’arène politique partisane. Une hypothèse qui, si elle venait à se concrétiser, pourrait rebattre les cartes au sein du PAM à quelques mois d’une échéance électorale décisive.
D’ici au 23 septembre, beaucoup d’eau coulera encore sous les ponts du Parti Authenticité et Modernité.
Par Jalil Nouri












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