Les relations entre Washington et Tel-Aviv traversent une zone de turbulence inhabituelle. Selon plusieurs médias américains, le Pentagone aurait relevé au niveau maximal son évaluation du risque de contre-espionnage lié à Israël, pourtant considéré depuis longtemps comme l’un des plus proches alliés des États-Unis au Moyen-Orient.
D’après NBC News, la Defense Intelligence Agency, service de renseignement militaire du département américain de la Défense, estime que les capacités israéliennes en matière de renseignement humain et de collecte technique atteignent désormais un seuil jugé « critique ». Cette alerte intervient dans un contexte de fortes tensions autour des conflits au Moyen-Orient et des divergences entre l’administration Trump et le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Selon le New York Times, des responsables américains soupçonneraient des services israéliens d’avoir tenté de surveiller certains hauts responsables de l’administration Trump, dont Steve Witkoff, principal négociateur du président américain, ainsi qu’Elbridge Colby, haut responsable politique au Pentagone. Des médias israéliens rapportent également que Michael DiMino, autre responsable du département de la Défense, aurait été cité parmi les personnes potentiellement visées.
L’objectif présumé de ces opérations aurait été d’obtenir des informations sensibles sur les débats internes de Washington, notamment sur la conduite de la guerre avec l’Iran, les discussions régionales et la position américaine face au Liban. Israël rejette toutefois ces accusations, tandis que la Maison-Blanche et le Pentagone se montrent prudents dans leurs commentaires publics.
Cette affaire survient alors que les États-Unis et Israël tentent officiellement d’afficher une relation apaisée, notamment sur les livraisons d’armes et la coordination militaire. Mais en coulisses, les divergences semblent plus profondes, surtout depuis les tensions rapportées entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu au sujet d’éventuelles frappes israéliennes contre Beyrouth.
Au-delà de l’épisode d’espionnage présumé, cette séquence révèle une réalité plus complexe : même entre alliés stratégiques, la confiance n’exclut ni la méfiance ni la surveillance. Pour Washington, la priorité reste désormais de protéger ses circuits décisionnels. Pour Israël, l’enjeu consiste à maintenir son influence sur les choix américains dans une région où chaque décision peut provoquer une onde de choc.












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