Alors que l’affaire de l’assaut de Ceuta est loin d’être terminée, un nouvel appel à une tentative de migration collective est relayé sur plusieurs plateformes, avec comme rendez-vous le jour même des élections, en guise de réponse aux partis politiques. Des médias ont effectivement relevé la circulation d’appels fixant la date du 23 septembre, qui coïncide avec les élections législatives.
Cet appel n’est pas anodin au niveau symbolique ni fantaisiste, car, au sein de cette jeunesse dont une partie ne rêve plus que de l’Eldorado européen, la question qui se pose est de savoir à quoi servira son vote si elle ne voit plus son avenir dans le pays. S’appuyant sur le mot d’ordre de boycott déjà lancé par certains mouvements, la crainte d’une forte abstention accompagne désormais la campagne. Al Adl Wal Ihsane a notamment annoncé son boycott du scrutin du 23 septembre et appelé les citoyens à ne pas participer.
Pour une partie de cette jeunesse désabusée, l’espoir de voir les choses changer semble s’effacer devant celui d’arriver en Europe et, pour certains, d’y construire un avenir avant d’aider leurs familles.
Les jeunes, pourtant invités à s’engager davantage dans la vie politique et à se porter candidats, restent peu visibles dans la campagne. Dans le même temps, les images de milliers de candidats à l’immigration clandestine, parmi lesquels des mineurs, tentant de rejoindre Ceuta ont installé la question migratoire au cœur du climat précédant les élections. La crise de Ceuta est d’ailleurs désormais décrite par plusieurs médias comme l’un des sujets pesant sur la campagne législative.
Le décor de fond de ces élections aura ainsi été marqué par les images particulièrement fortes de cet assaut à la frontière avec Ceuta. Elles posent une question politique et sociale qui dépasse largement la seule gestion des frontières : comment convaincre une jeunesse de voter pour son avenir lorsqu’une partie d’entre elle cherche précisément cet avenir ailleurs ?
C’est tout le paradoxe auquel sont confrontés les partis en campagne, malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics pour assurer le bon déroulement des élections législatives de 2026.
Le 23 septembre pourrait ainsi voir se croiser deux images contradictoires : celle des citoyens se dirigeant vers les bureaux de vote et celle, si les appels circulant sur les réseaux sociaux étaient suivis, de jeunes prenant la direction de Ceuta.
Deux chemins radicalement différents qui poseraient pourtant, chacun à leur manière, la même question : quelle confiance la jeunesse marocaine place-t-elle encore dans son avenir ?










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