Selon des révélations rapportées par le quotidien Al Akhbar, la Cour d’appel de Rabat a entamé, jeudi dernier, l’examen d’une affaire criminelle d’une gravité exceptionnelle qui continue de provoquer stupeur et indignation au sein de l’opinion publique marocaine, notamment dans la région d’Aïn Aouda où les faits présumés auraient eu lieu.
Au cœur de ce dossier particulièrement sensible figure un homme âgé d’une soixantaine d’années, accusé d’avoir entretenu durant plusieurs années des relations incestueuses avec sa propre fille, née en 1987, après l’avoir soumise, selon les éléments de l’enquête, à des agressions sexuelles répétées. Ces actes auraient conduit à plusieurs grossesses et à la naissance d’enfants issus de cette relation présumée interdite.
Mais l’horreur de cette affaire ne s’arrête pas là. Les investigations menées par les autorités judiciaires et les services de la gendarmerie royale auraient mis au jour des soupçons d’agressions sexuelles visant également certaines des filles nées de cette relation incestueuse. Le principal mis en cause serait ainsi devenu, dans une situation aussi troublante que dramatique, à la fois père et grand-père des mêmes enfants.
Jeudi dernier, le sexagénaire a comparu devant la Chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Rabat, aux côtés de sa fille quadragénaire, poursuivie elle aussi dans ce dossier. Plusieurs jeunes filles de la famille étaient présentes lors de l’audience, dans une atmosphère décrite comme extrêmement lourde et bouleversante.
Face à la complexité du dossier et au volume des pièces judiciaires, la défense a demandé un délai supplémentaire afin de consulter l’intégralité des éléments de l’enquête et préparer ses plaidoiries. Le président de la Cour a ainsi décidé de reporter l’examen de l’affaire à une date ultérieure.
L’instruction préparatoire, confiée au juge d’instruction près la Cour d’appel de Rabat, aurait permis de recueillir de nombreux éléments accablants, notamment grâce à des expertises génétiques réalisées sur plusieurs membres de cette famille. Ces analyses ADN auraient confirmé que certaines jeunes filles seraient issues de la relation entre le père et sa propre fille.
La fille du principal accusé aurait reconnu qu’au moins trois de ses enfants seraient biologiquement ceux de son père. Des doutes subsisteraient également concernant une quatrième mineure, soumise elle aussi à une expertise génétique afin de déterminer son identité biologique exacte. Cette dernière aurait ensuite été transférée, sur instruction du parquet, vers un centre de protection sociale à Fès.
L’affaire avait éclaté au grand jour au mois de janvier dernier dans la commune d’Al Manzeh, relevant du cercle d’Aïn Aouda. Alertées par certains témoignages et soupçons, les autorités avaient ouvert une enquête approfondie qui a conduit à l’arrestation du principal suspect ainsi qu’à l’interpellation de plusieurs membres de son entourage familial.
Le parquet général près la Cour d’appel de Rabat avait alors décidé de poursuivre le sexagénaire et sa fille en état de détention, avec leur transfert à la prison de Tamesna. Les enquêteurs reprochent notamment à la mère d’avoir gardé le silence face aux agressions présumées subies par ses propres filles, certaines ayant été commises, selon les accusations, sous ses yeux.
Le mari de la quadragénaire a, quant à lui, été poursuivi en liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Il pourrait répondre d’un chef lié à la non-dénonciation de crimes présumés.
Cette affaire, parmi les plus choquantes traitées ces dernières années au Maroc dans le cadre des violences intrafamiliales, relance le débat sur la protection des enfants, le silence au sein des familles et la nécessité d’un accompagnement psychologique et social renforcé pour les victimes présumées de violences sexuelles.












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