Les marchés pétroliers mondiaux ont retrouvé des couleurs vendredi, mais cette fois dans le sens d’un soulagement pour les consommateurs. Les cours du brut ont enregistré une baisse significative après l’annonce par le président américain Donald Trump d’un accord de principe avec l’Iran concernant la crise au Moyen-Orient, ravivant les espoirs d’un retour à la stabilité énergétique mondiale.
Le baril de Brent de la mer du Nord a ainsi perdu près de 5 % de sa valeur pour s’établir à 85,86 dollars, tandis que le brut américain WTI reculait dans les mêmes proportions à 83,32 dollars. Une évolution qui relance immédiatement la question que se posent des millions de Marocains : les prix des carburants vont-ils enfin baisser dans les stations-service du Royaume ?
Pour l’économiste Idriss El Fina, la réponse est en principe positive. Selon lui, les prix nationaux des carburants restent étroitement liés aux fluctuations des marchés internationaux. Dans ce contexte, la prochaine révision tarifaire attendue à la mi-mois devrait théoriquement se traduire par une diminution perceptible des prix à la pompe.
L’expert va même plus loin en estimant que les cours du pétrole pourraient poursuivre leur repli à moyen terme. La perspective d’un retour complet de l’Iran sur les marchés énergétiques internationaux, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’augmentation de l’offre mondiale pourraient, selon lui, exercer une pression durable à la baisse sur les prix.
À ces facteurs s’ajoute la volonté des Émirats arabes unis de s’affranchir davantage des mécanismes de limitation de production de l’alliance OPEP+, ce qui pourrait également accroître les volumes disponibles sur le marché mondial.
Mais cette vision optimiste ne fait pas l’unanimité. Pour El Houcine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz et président de la Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole, les baisses enregistrées sur les marchés internationaux ne se répercutent pas toujours avec la même rapidité sur les prix pratiqués au Maroc.
Le syndicaliste critique notamment le système actuel de libéralisation des prix, estimant que les marges réalisées par les opérateurs ont fortement augmenté au cours des dernières années. Il rappelle également que la suppression du mécanisme de compensation a transféré une grande partie des fluctuations internationales directement sur le consommateur marocain.
Une chose est néanmoins certaine : si la tendance baissière du pétrole se confirme dans les semaines à venir, les opérateurs du secteur auront de plus en plus de difficultés à justifier le maintien de prix élevés à la pompe. Dans un contexte marqué par l’érosion du pouvoir d’achat, les automobilistes marocains attendent désormais que les baisses observées sur les marchés internationaux se traduisent concrètement dans leur portefeuille.












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