Les avocats marocains suspendent leur mouvement, mais la crise reste ouverte. À compter du mercredi 7 octobre, l’Association des barreaux du Maroc annonce une reprise provisoire des prestations professionnelles, dans l’attente de la formation du prochain gouvernement et de la désignation du futur ministre de la Justice. Une trêve qui soulage les justiciables sans régler le différend autour de la réforme de la profession.
Engagé le 15 juin 2026, l’arrêt aura duré près de quatre mois, soit plus de seize semaines. Initialement annoncée pour une semaine, la cessation des prestations a été prolongée à plusieurs reprises. Cette durée donne la mesure d’un conflit dont les conséquences dépassent largement les seuls cabinets d’avocats.
Dans les tribunaux, les reports d’audiences et de procès ont pesé sur les droits des justiciables. Les personnes placées en détention préventive figurent parmi les plus affectées : attendre une audience lorsqu’on est privé de liberté donne au retard judiciaire une gravité particulière. Pour leurs familles, l’incertitude s’ajoute à l’épreuve de la détention.
Les répercussions doivent aussi être considérées dans leur dimension sociale et économique. Un litige familial qui se prolonge, une créance dont le recouvrement tarde ou un différend commercial laissé en suspens peuvent fragiliser des ménages et des entreprises. Sans bilan chiffré consolidé, il serait hasardeux d’évaluer le coût global du mouvement. Mais le temps judiciaire perdu peut se traduire par des dépenses supplémentaires, une trésorerie sous pression et des décisions personnelles ou professionnelles différées.
La reprise ne permettra donc pas d’effacer instantanément les retards. Elle appelle une évaluation des dossiers en attente, une coordination entre les acteurs judiciaires et une attention particulière aux affaires urgentes. Les cabinets doivent également retrouver leur rythme, tandis que les juridictions devront absorber les conséquences des renvois accumulés.
Au cœur du conflit se trouve la réforme de la profession. Les barreaux contestent notamment des dispositions relatives au contrôle de certains fonds, à l’accès des cabinets étrangers et à la formation des avocats. Ils invoquent la défense de leur indépendance et de leur autonomie. Le ministère de la Justice présente, pour sa part, la réforme comme un instrument de modernisation et de meilleure gouvernance.
Le prochain Exécutif hérite ainsi d’un dossier qui exige davantage qu’une reprise des discussions sans calendrier. Il faudra renouer un dialogue crédible, clarifier les points litigieux et prévenir un nouvel arrêt prolongé. Défendre l’indépendance des avocats et garantir l’accès effectif à la justice sont deux exigences qui doivent avancer ensemble. Les justiciables ont déjà supporté une attente suffisamment lourde.












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Contrairement à ce que sous-entend votre article, il n’y a rien ni à clarifier ni à discuter. La meilleure preuve de la nécessité, de la pertinence et de la probité de la réforme en cause c’est qu’elle a été initiée, configurée et longuement débattue par un des leurs, incontestablement bien au fait de toutes leurs arcanes, le très Habile et Grand Ministre de la Justice dans le gouvernement sortant, son Excellence Maitre Abdellatif OUAHBI.
La grève sauvage (4 mois d’affilée) poursuivie par ce corps professionnel est un véritable scandale à plus d’un titre. Son dommage est considérable aussi bien pour les justiciables eux-mêmes qu’il est censé défendre que pour l’économie toute entière de notre pays … !
Il faut que ces gens comprennent enfin que personne ne peut être au-dessus de la Loi. Permettre de telles brèches à ce genre de corporation, c’est comme admettre d’avoir un État dans l’État !
Dans de semblables situations, le dernier mot doit revenir à la Cour Constitutionnelle, seule compétente en la matière pour trancher toute mise en cause d’une loi valablement votée par le Parlement….