Le ministre des Finances, Faouzi Lakjâa, a créé l’incompréhension, la colère et semé le trouble dans les esprits en spécifiant dans le projet de loi de finances 2027 une exonération fiscale totale au profit de la Fifa, de ses partenaires et de ses prestataires pour l’organisation du Mondial.
Première question à poser pour cette incompréhension et d’après les données disponibles : à quoi peut servir cet événement planétaire si le pays coorganisateur comme le Maroc n’en tire pas des avantages fiscaux comme ont pu en bénéficier les États-Unis lors de la dernière Coupe du monde 2026 s’étant déroulée chez eux, qui a été source de revenus records ?
Certes, les gains en image ont un prix, mais pas à n’importe quel prix. En s’endettant pour être prêt le jour J et en s’équipant en infrastructures de taille grandiose comme le futur grand stade Hassan II à Benslimane, avec sa plus grande capacité d’accueil de 105.000 supporteurs, certes, le Maroc construit ce qu’il n’a jamais pu réaliser, mais est-ce que ce n’est pas déjà beaucoup ?
Après avoir offert gracieusement à la très riche Fédération internationale de football un siège régional au Centre Mohammed VI de football et pris à sa charge toutes ses dépenses, après avoir financé avec l’argent du contribuable, comme il le fait au passage pour la Confédération africaine, des compétitions internationales sans impact pour le compte de la Fifa ainsi que ses événements, les hébergements et les déplacements et, ultérieurement, le congrès de la Fifa en mars prochain, le président de la Fédération marocaine, Faouzi Lakjâa, l’économe institutionnel du Maroc, n’en fait-il pas trop pour plaire à la Fifa où il siège au titre de membre ? Ne dépense-t-il pas sans compter l’argent des Marocains, qui n’en ont pas tous, surtout ceux se désintéressant du football, et ne conduit-il pas le pays vers une faillite mémorable avec une telle gestion, alors qu’il vient de prendre ses fonctions à la tête du ministère des Finances, où l’argent coulera à flot pour le football ?
En un mot comme mille, l’argentier-patron du football ne dépasse-t-il pas ses prérogatives dans sa double fonction, sans contrôle a priori et a posteriori de l’État avec toutes ses institutions ? Comment pourra-t-on justifier que des pays riches imposent des impôts et des taxes pour abriter de tels événements hautement rentables en exonérant, et que le Maroc s’en prive sans traiter les entreprises marocaines avec les mêmes privilèges ? Résultats, surprises et bilans fin 2026, avec un débat dont on ne finira pas de parler.









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