À chaque scrutin revient la même rengaine. « Tous les partis se ressemblent », entend-on dans les cafés, les familles et désormais sur les réseaux sociaux. À six jours des législatives du 23 septembre, ce refrain traduit moins une simple mauvaise humeur qu’un malaise persistant entre une partie des Marocains et leur classe politique.
Il faut reconnaître que les partis nourrissent eux-mêmes cette impression. Emploi, pouvoir d’achat, hausse des salaires, protection sociale, santé, éducation : les programmes se croisent et les promesses se répondent, parfois jusqu’à la surenchère. Les mêmes objectifs chiffrés reviennent d’un discours à l’autre, au risque de rendre les frontières politiques difficiles à distinguer.
À cela s’ajoutent les querelles de candidatures, la transhumance politique et les accusations échangées entre formations. À force de voir les partis se disputer les hommes autant que les idées, certains électeurs finissent par se demander ce qui les différencie réellement.
Mais le signe le plus préoccupant vient peut-être d’ailleurs : la jeunesse se tient à distance des urnes avant même le scrutin. Sur les 15,8 millions d’inscrits, les 18-24 ans ne représentent que 4 %, contre 29 % pour les 60 ans et plus. Une disproportion qui pose directement la question du renouvellement de la représentation politique.
Les partis semblent avoir compris le danger. Ils présentent davantage de jeunes candidats et investissent massivement TikTok, Facebook et Instagram. Le Maroc compte désormais 41,08 millions de souscriptions à Internet, dont 38,1 millions mobiles. Paradoxe saisissant : une jeunesse qui commente abondamment la politique sur son téléphone peut rester absente des listes électorales et des bureaux de vote.
Dès lors, la responsabilité appartient-elle seulement aux partis ? Pas entièrement. Une démocratie représentative suppose aussi des citoyens qui votent, interrogent leurs élus, sanctionnent les bilans et réclament des comptes. L’abstention peut être un message politique ; elle revient également à laisser d’autres choisir.
Mais encore faut-il donner envie de choisir. Aux formations politiques de renouveler leurs visages, de mieux différencier leurs projets et surtout de démontrer comment leurs promesses seront financées et appliquées. Aux citoyens, ensuite, de décider si l’offre mérite leur suffrage.
Les Marocains ont-ils donc la classe politique qu’ils méritent ? Ou la classe politique est-elle devenue ce qu’elle est aussi parce qu’une partie croissante des Marocains a cessé de croire qu’elle pouvait la changer ?
Le 23 septembre ne départagera donc pas seulement 27 partis et 1.850 listes en compétition pour 395 sièges. Le scrutin mesurera également la profondeur du lien qui subsiste entre les Marocains et la politique.
Par Mounir Ghazali












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Non ,la confiance fait défaut Il ne suffit pas de prononcer des promesses en essayant de faire table rase sur un passé récent dont le bilan est malheureusement loin d’être reluisant et qui plus est porte bien la trace de leur contribution,ça serait de la pure rétro-polémique politicienne sans effet, sans objet,ni utilité pour l’étape future, le plus logique serait de faire un mea-culpa profond démontrant le pourquoi du comment un tel bilan est si défavorable économiquement et surtout socialement ,et même sportivement car le bilan des equipes nationales de foot n’a pas été à la hauteur des attentes,sans oublier les conflits d’interêt.Le bilan économique et social est donc frappant et ses impacts ont été portés sur des rapports issus d’instances crédibles, au fait de la situation en plus d’être indépedantes.Donc commencez d’abord par bien balayer devant chez vous en reconnaissant tous ces déficits et ces malaises ensuite pensez à proposer les remèdes qui vous paraissent adéquats,autrement on restera dans le discours
Le phénomène de transhumance politique n’est pas intrinsèquement un acte malsain. C’est la façon dont il en est souvent usé par les protagonistes en jeu qui le rend condamnable.
En droit, surtout en matière civile est commerciale, il y a une notion qu’on appelle « obligation de non concurrence » bien connue et qui a été introduite par le législateur pour protéger les intérêts légitimes de toute entreprise en cas de départs inopinés de profils, surtout les plus hautement qualifiés, de son organisation.
Je n’ai pas eu le temps de consulter la législation régissant le cadre légal des formations politiques au Maroc (je crois au passage qu’elle doit, très probablement, laisser à désirer ne serait-ce que pour la question des mandats qui ont tendance à devenir sans limitation dans le temps rendant certains secrétaires généraux impossible à déboulonner de leur siège comme s’ils étaient les seuls astres en mesure d’illuminer les voies au bon développement aussi bien de leur parti respectif que de de notre pays … !), mais je pense qu’on devrait s’inspirer de cette notion, si ce n’est pas déjà le cas, pour s’en sourcer de son esprit sur ce point particulier.
En effet, Comment peut-on admettre qu’une personne, faisant souvent partie du conseil exécutif d’un parti, puisse le quitter du jour au lendemain pour rejoindre un parti concurrent sans que cela ne soit dommageable à son parti d’origine (Protection d’informations secrètes, protection de l’audience, sécurité stratégique, etc.).
Un parti n’est pas un fonds de commerce, c’est avant tout des valeurs, on n’en change pas au grès de ses propres ambitions personnelles… ! C’est vraiment la pire des ingratitudes !
Pire encore, le faire à quelques semaines d’une élection fondamentale, tant pour le parti que pour le pays, au lieu de rester à sa place pour rendre des comptes et avoir le courage de justifier son parcours, c’est tout simplement une véritable dérive.
J’aurais bien admis et même soutenu un transfuse qui aurait jeté l’éponge au moins un an à l’avance de la date des élections pour prendre la clé des champs (se dessaisir du confort procuré par son fauteuil aumône du parti à son égard) afin de prendre le recul nécessaire à la construction d’une nouvelle virginité politique pouvant motiver plus tard son adhésion partisane à tel ou tel autre parti.
Je pense que Monsieur le Président Aziz Akhannouch a tout à fait le droit voire le devoir moral et politique (surtout en raison de sa stature nationale) pour agir légitiment à l’encontre de ce genre de manœuvres qui sapent en profondeur la crédibilité de notre système démocratique, déjà très mal en point à plusieurs égards !
Une action à ce sujet auprès de la Cour Constitutionnelle (s’il obtient gain de cause) ajouterait sans conteste un autre acquis à son palmarès déjà bien garnis de belles réalisations s’apparentant pour la plupart à de véritables défis courageusement et habilement surmontés.
Je n’appartiens à aucun parti politique et je n’ai jamais voté dans le passé pour le RNI, je dois dire cependant, qu’à mon avis et tous comptes faits, le bilan du dernier Gouvernement qu’il a présidé, en dépit de certains points grisâtres bien discutables, apparait comme le meilleur bilan qu’un Gouvernement marocain ait accompli dans notre pays depuis l’indépendance !
Ça serait bien dommage que ce parti ne puisse pas en récolter les fruits tant attendus et combien légitimes lors du prochain scrutin !
De ma modeste position, je ne peux que leur souhaiter plein succès !