À l’approche de la fête du sacrifice, et cette année plus encore, les prix du bétail ainsi que de leur viande vendue au kilo ou à la pièce atteignent des records sur tous les marchés.
On croyait que les mesures louables prises par les autorités pour limiter les dégâts et remettre de l’ordre dans les marchés allaient suffire, notamment avec l’interdiction faite aux spéculateurs d’imposer leur mainmise sur le commerce des moutons dans les souks et marchés traditionnels situés hors des villes. Mais l’inflation résiste et les prix continuent de grimper. Contrairement à ce qui avait été avancé, la cherté du bétail demeure excessive.
Dans les boucheries, un autre phénomène inquiétant apparaît à la veille de cette fête : l’explosion des prix des abats, au point de donner le vertige et de décourager les acheteurs qui se rendent sur les lieux de vente en découvrant les chiffres affichés.
À titre d’exemple, le prix des tripes atteint aujourd’hui les 400 DH, tandis que le foie avoisine quasiment le double de ce montant, avec très peu de chances d’en trouver sur les étals tant il est recherché pour les brochettes du jour de la fête. Beaucoup y voient une manière d’éviter l’achat d’un deuxième mouton afin de préparer suffisamment de viande pour satisfaire la famille réunie. Mais la facture reste salée et assommante pour les amateurs d’abondance.
Du salé au cumin, il n’y a qu’un pas à franchir pour évoquer le cas de cette épice incontournable saupoudrant les délicieuses brochettes, dont le prix s’est envolé pour atteindre, voire dépasser, en cette période de forte consommation liée à la viande, la barre des 180 DH le kilo, soit pratiquement le double de son tarif habituel en période calme.
Comme pour faire regretter cette fête du sacrifice à tous ceux vivant loin de leurs familles et comptant les rejoindre durant ce congé annuel, la même folie s’est emparée des prix du transport en autocar, qui peuvent atteindre les 500 DH au marché noir pour certaines destinations éloignées. Un marché parallèle qui prend toutes ses aises durant cette période où les dépenses semblent ne plus avoir de limites, sauf pour les couches les plus aisées.
Par Jalil Nouri












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