L’aventure des Lioncelles de l’Atlas s’est achevée sur une lourde défaite. Battue 6-0 par la Corée du Nord, mercredi 28 octobre au Complexe Mohammed VI de football à Salé, la sélection marocaine a quitté la Coupe du monde féminine U17 en huitièmes de finale. Face aux tenantes du titre, les jeunes Marocaines ont mesuré la distance qui les sépare encore du sommet mondial.
Quatre buts encaissés avant la pause, deux autres en seconde période : le scénario laisse peu de place aux regrets liés à un simple incident de match. Les Nord-Coréennes ont imposé leur organisation et leur efficacité, sans laisser aux Lioncelles les moyens de relancer la rencontre.
Mais cette élimination appelle une lecture dépassant le seul huitième de finale. Après une entrée réussie contre la Nouvelle-Zélande (4-0), le Maroc a successivement perdu contre l’Allemagne (2-4), l’Argentine (1-5) et la Corée du Nord (0-6). Le bilan est sévère : quinze buts encaissés en quatre rencontres, dont trois défaites consécutives. La qualification parmi les meilleures troisièmes constituait une étape encourageante ; elle ne pouvait masquer les fragilités déjà apparues en phase de groupes.
Il serait pourtant injuste de faire porter tout le poids de ce constat à des adolescentes en apprentissage. Ces joueuses ont besoin d’un accompagnement exigeant, de temps et d’un environnement compétitif régulier. L’analyse doit donc concerner toute la chaîne de formation : détection, encadrement dans les clubs, préparation physique, maîtrise technique et apprentissage tactique.
Une question mérite notamment d’être posée : les jeunes internationales disputent-elles suffisamment de rencontres exigeantes pour apprendre à résister au pressing, défendre collectivement et décider rapidement sous pression ? Un tournoi mondial révèle les lacunes ; il ne peut remplacer les saisons de formation nécessaires pour les corriger.
L’organisation de la compétition à domicile offre une exposition précieuse au football féminin marocain. Encore faut-il transformer cette visibilité en progrès durables sur les terrains, au quotidien.
La bonne réponse à cette sortie ne réside ni dans l’accablement des joueuses ni dans une satisfaction de circonstance. Elle passe par un bilan technique précis et des corrections suivies. Les Lioncelles méritent des encouragements, mais leur avenir exige aussi un regard lucide sur les moyens de les faire progresser.












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