Le parti fondé par Allal El Fassi n’en démord pas : il s’oppose à toute alliance de circonstance avec les autres formations de la majorité sortante et refusera toute proposition de désistement, rompant ainsi avec une pratique qui avait pourtant prévalu lors des précédentes échéances électorales.
Dirigée par un Nizar Baraka affichant une confiance assumée, la formation à la balance ne cache plus son ambition de jouer les premiers rôles, avec un objectif clairement affiché : décrocher la première place aux élections législatives. Pour y parvenir, elle a entrepris de revoir en profondeur sa représentativité sur le terrain en recrutant de nouveaux visages dans un grand nombre de circonscriptions. Mais cette assurance et cette volonté affichée suffiront-elles à l’Istiqlal pour devancer le PAM et le RNI et prétendre à la direction du prochain gouvernement ?
Les ponts semblent désormais coupés avec les anciens partenaires de la coalition qui a dirigé le pays durant cinq ans, comme si cette expérience commune n’avait jamais existé. Pourtant, cette majorité avait résisté à de nombreuses turbulences, malgré les procès d’intention, les rivalités et les divergences politiques qui avaient, à plusieurs reprises, menacé sa cohésion et fait craindre un éclatement prématuré.
L’Istiqlal n’a manifestement pas oublié les épisodes qui avaient failli le conduire à quitter le gouvernement. De cette période, le parti dit avoir conservé un profond sentiment d’amertume et de solitude, convaincu de ne pas avoir bénéficié de la solidarité attendue de ses alliés.
Après cinq années de cohabitation, les trois composantes de l’actuelle majorité semblent donc engagées dans une logique du chacun pour soi. Une confrontation électorale qui pourrait rebattre les cartes à l’approche du scrutin législatif du 23 septembre et rendre plus incertaine que jamais l’issue de la bataille pour la première place.
Par Jalil Nouri



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