À un an de la fin de son mandat, Emmanuel Macron dispose-t-il encore du temps politique nécessaire pour donner une nouvelle impulsion aux relations franco-marocaines ? La question mérite d’être posée alors que les rapports entre Paris et Rabat, après une période de fortes turbulences, semblent aujourd’hui marquer un certain ralentissement.
Le chef de l’État français a-t-il réellement accompli tout ce qu’il pouvait entreprendre avec le Royaume ? Rien n’est moins sûr. Certes, le réchauffement diplomatique amorcé ces derniers mois a permis de tourner la page des tensions liées notamment à la crise des visas et aux incompréhensions politiques entre les deux capitales. Mais depuis, les échanges semblent évoluer à un rythme plus discret, dans un contexte où Emmanuel Macron est largement absorbé par les crises internationales, entre la guerre en Europe et les tensions au Moyen-Orient.
Le dossier du Sahara marocain demeure l’un des principaux marqueurs de cette relation. Après une longue période d’ambiguïté reprochée à Paris, la France a amorcé un rapprochement plus favorable au plan d’autonomie marocain. Reste à savoir si Emmanuel Macron ira plus loin avant 2027 à travers des gestes diplomatiques plus forts ou des investissements visibles dans les provinces du Sud.
Parallèlement, la France fait face à une nouvelle réalité : le Maroc a largement diversifié ses partenariats stratégiques avec les États-Unis, l’Espagne, le Royaume-Uni, les pays du Golfe, Israël, la Chine et plusieurs pays africains. Paris n’occupe plus la position privilégiée d’autrefois.
La visite d’État du Roi Mohammed VI en France, plusieurs fois reportée, reste l’un des grands dossiers en suspens. Elle pourrait déboucher sur la signature d’un traité d’amitié ainsi que sur de nouveaux partenariats économiques dans les secteurs du rail, de l’énergie, du tourisme ou encore des préparatifs du Mondial 2030.
À un an de son départ, Emmanuel Macron joue peut-être sa dernière chance de laisser une empreinte durable dans une relation devenue plus exigeante, plus stratégique et surtout moins acquise qu’autrefois.
Par Salma Semmar



Contactez Nous