Il fallait s’attendre à ce que la bataille des postes finisse par compliquer la tâche de la cheffe du gouvernement désignée et du parti qu’elle coordonne, le PAM. Après des discussions qui semblaient avancer sans heurts majeurs, la répartition des portefeuilles aurait ravivé les tensions entre partenaires.
Selon les informations évoquées, la dernière difficulté serait venue de Driss Lachgar, premier secrétaire de l’USFP, qui menacerait de quitter le navire si son parti n’obtenait pas davantage de responsabilités ministérielles. Une menace qui reste à confirmer, mais qui, si elle était avérée, fragiliserait les accords conclus et replacerait les exigences partisanes au cœur des négociations. Le risque serait alors de voir les ambitions de postes prendre le pas sur les engagements programmatiques.
Ces tractations interviennent dans un calendrier particulièrement serré. Le projet de loi de finances pour 2027 doit être déposé à la Chambre des représentants au plus tard le 20 octobre. L’échéance n’est donc pas encore dépassée, mais le temps disponible pour les derniers arbitrages se réduit. Les orientations générales du texte doivent être examinées en Conseil des ministres, avant son adoption en Conseil de gouvernement et son dépôt au Parlement pour discussion, amendement et vote.
La préparation budgétaire ne commence évidemment pas avec l’installation de la nouvelle équipe. Toutefois, la prolongation des négociations pourrait réduireire sa marge pour imprimer ses priorités au texte. Les conciliabules et les éventuelles menaces de retrait risqueraient ainsi d’assombrir les premiers pas du prochain Exécutif, alors que les attentes économiques et sociales exigent des décisions rapides et cohérentes.
Fatima Ezzahra El Mansouri aurait pourtant déjà surmonté un autre obstacle interne : faire accepter à Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice dans l’équipe sortante, que son nom ne soit pas retenu pour la présidence de la Chambre des représentants, au profit d’Ahmed Touizi. Selon cette lecture des arbitrages, ce dernier aurait été considéré comme un profil plus consensuel pour exercer cette responsabilité.
Reste désormais à transformer les compromis entre partis en une équipe capable de gouverner ensemble. Car une majorité peut s’accorder sur la distribution des ministères sans avoir encore démontré sa cohésion dans l’exercice du pouvoir.



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