Trente-trois vies perdues en sept jours. Derrière ce bilan, des familles endeuillées et des existences brutalement interrompues sur des trajets ordinaires. Du 28 septembre au 4 octobre, 2.295 accidents de la circulation en périmètre urbain ont fait 33 morts et 3.232 blessés, dont 130 grièvement, selon la Direction générale de la sûreté nationale. Ces chiffres concernent les zones urbaines couvertes par ce bilan, et non l’ensemble des routes du Royaume.
Les causes recensées rappellent combien les comportements quotidiens peuvent devenir meurtriers. L’inattention des conducteurs arrive en tête, suivie du non-respect de la priorité, de l’inattention des piétons et de l’excès de vitesse. Figurent également dans cette liste la non-maîtrise du véhicule, les changements de direction irréguliers et le non-respect des distances de sécurité ou des feux rouges.
Le contrôle policier est pourtant bien réel : 51.890 contraventions ont été enregistrées durant cette même semaine, avec 8.181 procès-verbaux transmis au parquet et 5.474 véhicules placés en fourrière. Le montant des amendes transactionnelles recouvrées dépasse 9,5 millions de dirhams.
Ces opérations sont nécessaires. Mais leur nombre ne suffit pas, à lui seul, à mesurer l’efficacité de la sécurité routière. Le résultat attendu reste la diminution des accidents graves et des décès. Cela suppose de cibler les comportements les plus dangereux et les lieux où les collisions se répètent, puis d’évaluer les effets des mesures prises.
La responsabilité doit aussi être partagée avec ceux qui aménagent la ville. Passages piétons visibles, trottoirs accessibles, éclairage adapté, abords des écoles sécurisés et vitesses effectivement maîtrisées : autant de leviers à examiner. La prudence individuelle est indispensable, mais elle doit pouvoir s’exercer dans un environnement qui protège les usagers, notamment les plus vulnérables.
L’éducation routière mérite également de dépasser les campagnes ponctuelles. Dès l’école et pendant la formation à la conduite, le respect de la priorité, la vigilance et le partage de la chaussée doivent devenir des réflexes durables.
On ne peut se résoudre à lire chaque semaine un nouveau bilan comme une fatalité. Aux contrôles doivent répondre des aménagements, une prévention continue et des objectifs vérifiables. La réussite d’une politique de sécurité routière se mesure d’abord aux vies qu’elle permet de préserver.












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