Alors que l’inflation continue de peser sur de nombreux produits alimentaires, le marché marocain de la volaille et des œufs offre, lui, un répit inattendu. Depuis quelques semaines, les prix de ces deux denrées essentielles enregistrent un recul sensible, suscitant à la fois soulagement chez les ménages et interrogations chez les observateurs.
La principale explication réside dans une hausse significative de la production nationale. Porté par des investissements continus dans l’élevage, une meilleure maîtrise des cycles de production et des conditions climatiques favorables, le secteur a réussi à augmenter fortement son offre. Résultat : un déséquilibre temporaire en faveur de l’offre, face à une demande restée globalement stable.
Sur le segment des œufs, la dynamique est particulièrement marquée. La production nationale devrait dépasser les 9 milliards d’unités par an, avec une cadence quotidienne oscillant entre 17 et 20 millions d’œufs. Dans un pays où la consommation moyenne par habitant se situe entre 170 et 230 œufs par an, cette montée en puissance génère mécaniquement un surplus sur le marché.
Les professionnels soulignent que cette abondance n’est pas synonyme de dégradation de la qualité, bien au contraire. Elle reflète plutôt une modernisation progressive des élevages, une amélioration des techniques de production et une meilleure organisation de la chaîne de distribution. Les récentes précipitations ont également joué un rôle indirect, en accélérant la mise sur le marché des stocks pour éviter toute perte.
Même constat du côté de la volaille. La production hebdomadaire est passée d’environ 10 millions à plus de 12 millions de poulets, soit une progression de près de 25 %. Sur l’ensemble de l’année, le volume atteint près de 730.000 tonnes, permettant au Maroc de couvrir quasi intégralement ses besoins et de limiter sa dépendance aux importations.
Cette situation met en lumière la solidité d’un secteur devenu stratégique pour la sécurité alimentaire du pays. Elle intervient aussi dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste sous pression, faisant du poulet et des œufs des sources de protéines incontournables, avec une consommation moyenne de volaille avoisinant les 20 kg par habitant et par an.
Reste que cette accalmie des prix pourrait ne pas durer indéfiniment. Les professionnels alertent régulièrement sur la volatilité des coûts des intrants, notamment l’alimentation animale et l’énergie, qui pourraient à terme inverser la tendance. Pour l’heure, toutefois, le marché offre une respiration bienvenue, reflet d’un secteur en pleine montée en puissance.












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