À quelques jours de la mise en service de la nouvelle gare routière de Marrakech à El Azzouzia, 46 employés de l’ancienne structure de Bab Doukkala ont appris leur licenciement collectif. Une décision brutale qui suscite de nombreuses interrogations, d’autant que plusieurs des salariés concernés comptent des décennies d’ancienneté et se trouvent désormais proches de l’âge de la retraite.
Selon les témoignages recueillis, les employés auraient été informés de leur renvoi sans préavis respectant les délais prévus par la législation. La procédure n’aurait pas non plus été accompagnée d’une concertation officielle avec les représentants des salariés, les autorités locales ou les services compétents.
Les travailleurs licenciés auraient simplement perçu leur rémunération correspondant aux jours effectués durant le mois de juillet, ainsi que le solde de leurs congés non consommés. Aucune indemnité compensatrice de préavis, de licenciement ou de rupture abusive n’aurait, à ce stade, été versée.
La décision apparaît d’autant plus difficile à comprendre que la société en charge de l’actuelle gare routière ne connaîtrait pas de difficultés financières particulières. Elle disposerait, au contraire, de recettes régulières et importantes. Le transfert de l’activité vers le nouveau site entraînera cependant un changement de gestion, celle-ci devant être confiée à une nouvelle structure créée par la commune.
Cette transition soulève une question centrale : pourquoi les salariés expérimentés de l’ancienne gare n’ont-ils pas été intégrés au dispositif prévu pour la nouvelle infrastructure ?
Livrés à eux-mêmes et privés de représentation syndicale, les 46 employés ont engagé des démarches auprès des autorités administratives et des services de l’emploi. Ils espèrent encore parvenir à une solution négociée, notamment leur réintégration dans la nouvelle gare. À défaut, ils pourraient être contraints d’engager une procédure judiciaire longue et coûteuse.
Derrière le chiffre de 46 licenciements se trouvent autant de foyers soudainement privés de leur principale source de revenus. Certains employés exerçaient dans cette structure depuis près de trente ans. Leur éviction, intervenue à la veille d’un changement pourtant programmé depuis plusieurs années, est dénoncée comme une atteinte grave aux droits économiques et sociaux.
Les défenseurs des salariés estiment que plusieurs dispositions du Code du travail n’auraient pas été respectées. Ils rappellent notamment l’obligation de verser les indemnités prévues, d’assurer un dialogue social et d’examiner les possibilités de reclassement ou de maintien dans l’emploi.
Ils invoquent également les engagements internationaux du Maroc en matière de protection des travailleurs, de lutte contre les licenciements abusifs et de respect des droits sociaux.
Les autorités locales, l’Inspection du travail et les instances de contrôle sont ainsi appelées à intervenir afin d’éclaircir les circonstances de cette décision collective et de garantir aux salariés l’intégralité de leurs droits.
Des voix réclament par ailleurs une enquête plus large sur la gestion du projet de la nouvelle gare routière et sur l’utilisation des fonds mobilisés pour sa réalisation. Pour les organisations de défense des droits humains, aucun projet présenté comme modernisateur ne peut être considéré comme socialement légitime s’il se construit au détriment des travailleurs.
La nouvelle gare routière d’El Azzouzia doit entrer en service le 24 juillet, marquant la fermeture définitive du site historique de Bab Doukkala. Pour les 46 salariés concernés, l’urgence est désormais de faire reconnaître leurs droits avant que le transfert ne devienne irréversible.












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