Il aura suffi d’une poignée de cacahuètes, de trois dattes et de quelques morceaux de figues sèches pour faire beaucoup de mal à l’image touristique de Marrakech.
La scène, filmée par un touriste étranger à la célèbre place Jamaâ El-Fna, est aussi consternante qu’incompréhensible. Selon le récit diffusé, le commerçant lui aurait initialement réclamé 200 dirhams pour environ 50 grammes de cacahuètes sucrées, trois dattes et deux morceaux de figues sèches.
Face à la réaction du visiteur, le prix a finalement été ramené à 40 dirhams, somme que le touriste a payée.
Quarante dirhams, donc, et non 200. Mais cela ne rend pas pour autant la pratique acceptable. La quantité achetée ne vaut même pas 20 dirhams dans des conditions normales. Le plus inquiétant reste surtout cette tentative initiale de réclamer dix fois cette valeur à un visiteur étranger.
Et c’est précisément là que le problème dépasse largement quelques dizaines de dirhams.
UNE VIDÉO PEUT FAIRE LE TOUR DU MONDE
Le commerçant qui cherche à gagner quelques dizaines ou centaines de dirhams supplémentaires sur le dos d’un touriste ne mesure probablement pas les dégâts qu’il peut provoquer.
Autrefois, le visiteur mécontent racontait sa mésaventure à sa famille en rentrant chez lui.
Aujourd’hui, il sort son téléphone.
Quelques secondes plus tard, la vidéo est sur TikTok, Instagram, Facebook ou YouTube. Elle peut être vue des centaines de milliers de fois et laisser derrière elle une image désastreuse : celle d’une destination où le touriste doit constamment négocier et se méfier pour ne pas payer plusieurs fois le prix normal.
C’est profondément injuste pour Marrakech.
Car derrière ce commerçant se trouvent des milliers d’hôteliers, restaurateurs, guides, chauffeurs, artisans et commerçants qui travaillent honnêtement chaque jour et vivent de la réputation internationale de la ville.
Il suffit pourtant de quelques comportements de ce genre pour jeter le doute sur tout le monde.
DE 200 À 40 DIRHAMS : LE PROBLÈME RESTE ENTIER
On pourrait objecter que le touriste n’a finalement pas déboursé les 200 dirhams initialement réclamés.
C’est exact.
Mais le problème n’est pas seulement le montant effectivement encaissé. C’est le mécanisme qui interpelle : annoncer 200 DH, puis accepter 40 DH pour une marchandise qui n’en vaut même pas 20 montre à quel point le prix pouvait être déconnecté de la valeur réelle du produit.
Et lorsqu’un tel comportement vise un visiteur étranger dans l’un des lieux les plus emblématiques du Royaume, les conséquences dépassent largement le vendeur concerné.
Que représentent quelques dizaines de dirhams gagnés de cette manière face aux milliards que le Maroc investit dans son image, ses aéroports, ses routes, ses hôtels, ses infrastructures et sa promotion touristique internationale ?
Marrakech s’est imposée au fil des décennies comme l’une des grandes destinations touristiques mondiales.
Il est donc incompréhensible que quelques comportements individuels puissent venir ternir tous ces efforts pour une poignée de dirhams.
LE TOURISTE N’EST PAS UN PORTEFEUILLE SUR PATTES
Il faut surtout en finir avec cette conception selon laquelle l’étranger serait nécessairement riche et qu’il faudrait profiter au maximum de son passage.
Un touriste n’est pas un portefeuille sur pattes.
Il est un client qui doit connaître le prix de ce qu’il achète et pouvoir décider librement s’il souhaite ou non le payer.
Un touriste satisfait ne laisse pas seulement de l’argent dans son hôtel. Il mange au restaurant, prend un taxi, achète chez les artisans, visite les monuments et peut revenir avec sa famille.
Surtout, il recommande le Maroc.
Celui qui se sent trompé fait exactement l’inverse.
UNE RÉACTION FERME DES AUTORITÉS
Dans cette affaire, la réaction des autorités mérite d’être soulignée.
Après la diffusion de la vidéo, les autorités locales sont intervenues et le point de vente concerné a été fermé. Son exploitant a également été entendu par les services de police et placé en garde à vue, selon les informations rapportées par la presse locale.
Cette fermeté est nécessaire.
Mais il ne faudrait pas attendre qu’une vidéo devienne virale pour intervenir.
Dans les endroits touristiques aussi sensibles que Jamaâ El-Fna et les souks de Marrakech, l’affichage et la transparence des prix doivent devenir la règle et les abus établis doivent être sanctionnés.
PROTÉGER MARRAKECH DE QUELQUES MAUVAIS COMMERÇANTS
Il serait évidemment injuste de mettre tous les commerçants de Marrakech dans le même panier.
L’immense majorité travaille honnêtement et contribue depuis des décennies au charme et au succès de la ville.
C’est justement pour les protéger qu’il faut être intraitable avec la minorité qui se comporte autrement.
À l’approche de grands rendez-vous internationaux et alors que le Maroc nourrit d’immenses ambitions touristiques, ce genre de pratiques ne peut plus être considéré comme une simple anecdote de souk.
Dans cette affaire, le touriste n’a finalement perdu que quelques dizaines de dirhams.
Mais Marrakech et le Maroc peuvent perdre beaucoup plus.
Car entre les 200 DH initialement réclamés, les 40 DH finalement payés et une marchandise qui n’en vaut même pas 20, le véritable prix de cette affaire pourrait être celui que paie l’image de toute une destination.












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A qui la faute, cette façon de faire du commerce du moyen âge. Les prix doivent être affiché sur chaque article, comme dans tous les pays civilisés et développer, pour les touristes c’est la roulette russe. Il faut que l’on soit un pays de droit pour avancer.