L’Argentine n’en finit plus d’écrire sa légende. Dos au mur pendant plus de quatre-vingts minutes, la sélection de Lionel Scaloni a une nouvelle fois démontré qu’elle possédait cette capacité unique à renverser les situations les plus compromises. Menée par une Angleterre solide et disciplinée, l’Albiceleste s’est finalement imposée 2-1 mercredi soir à Atlanta, validant son billet pour une deuxième finale consécutive de Coupe du monde où elle retrouvera l’Espagne, dimanche au MetLife Stadium.
Pendant longtemps, les Three Lions ont cru tenir leur rendez-vous avec l’histoire. Organisés, agressifs dans le pressing et parfaitement en place tactiquement, les hommes de Thomas Tuchel ont fait déjouer les champions du monde en titre. Leur récompense est arrivée à la 55e minute lorsque Anthony Gordon a conclu une action collective pour ouvrir le score, offrant à l’Angleterre l’espoir d’une première finale mondiale depuis son unique sacre de 1966.
Mais face à l’Argentine, rien n’est jamais terminé avant le coup de sifflet final. Au fil des minutes, les Sud-Américains ont repris progressivement le contrôle du ballon tandis que les Anglais reculaient dangereusement. Lionel Messi, jusque-là bien contenu, est alors sorti de l’ombre pour rappeler pourquoi il demeure le maître du jeu. Le capitaine argentin a délivré deux passes décisives magistrales : d’abord pour Enzo Fernandez, auteur de l’égalisation à la 85e minute, puis pour Lautaro Martinez qui a crucifié Jordan Pickford dans le temps additionnel (90e+1).
Cette victoire propulse l’Argentine vers la septième finale de Coupe du monde de son histoire, avec l’ambition de décrocher un quatrième titre après ceux de 1978, 1986 et 2022. Plus encore, elle conserve l’espoir de devenir la première nation depuis le Brésil de Pelé en 1962 à réussir le doublé mondial.
Après la rencontre, Lionel Scaloni n’a pas caché sa fierté devant la résilience de son groupe, saluant « une équipe qui n’abandonne jamais et qui croit jusqu’au dernier instant ». Le sélectionneur argentin a également rendu hommage à l’apport décisif de Messi, dont l’influence dépasse largement les statistiques.
En face, Thomas Tuchel a reconnu que son équipe avait perdu le contrôle après avoir pris l’avantage. « Nous sommes devenus trop passifs après notre but. Nous avons laissé l’Argentine installer son rythme et nous n’avons plus réussi à conserver le ballon », a admis le technicien allemand, tout en défendant ses choix tactiques. Il a néanmoins insisté sur le fait que ses joueurs « ont tout donné » et qu’ils méritaient de mener au score.
La presse anglaise n’a toutefois pas fait preuve de la même indulgence. The Guardian parle d’un « immense crève-cœur » pour les Three Lions et estime que les changements opérés par Tuchel, avec un passage à une défense à cinq après l’ouverture du score, ont favorisé la remontée argentine. Plusieurs observateurs britanniques reprochent également à l’équipe d’avoir abandonné toute ambition offensive en fin de rencontre.
À Buenos Aires, au contraire, les médias célèbrent une nouvelle démonstration du fameux caractère de l’Albiceleste. La presse argentine souligne l’expérience du groupe, la sérénité de Messi dans les moments décisifs et l’impact des remplaçants, à commencer par Lautaro Martinez, encore une fois décisif.
À l’échelle internationale, les commentaires convergent vers une même conclusion : l’Argentine reste l’équipe la plus difficile à battre lorsqu’un match bascule dans les dernières minutes. Les analystes saluent également la lecture tactique de Lionel Scaloni, dont les ajustements ont progressivement inversé le rapport de force face à une Angleterre qui semblait pourtant maîtriser son sujet pendant plus d’une heure.
Dimanche, place désormais à une affiche de rêve entre les deux champions continentaux. L’Espagne, impressionnante face à la France, tentera de détrôner l’Argentine, tandis que Lionel Messi s’apprête à disputer ce qui pourrait être la dernière finale mondiale de son exceptionnelle carrière. De son côté, l’Angleterre devra rapidement digérer cette immense désillusion avant d’affronter la France dans le match pour la troisième place.












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