Dans les quatre formations appelées à constituer la future majorité, un même principe semble s’imposer : « Pousse-toi de là que je m’y mette ! » Avec, pour objectif, de concrétiser une ambition largement partagée : devenir ministre.
Le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS sont, ces jours-ci, le théâtre d’une course contre la montre et d’une activité fébrile des prétendants aux portefeuilles ministériels. Militants de la première heure pouvant présenter le curriculum vitæ adéquat ou nouveaux arrivants opportunistes faisant valoir leur proximité avec la direction : chacun avance ses arguments pour figurer sur la liste. Les consultations internes et les votes des instances dirigeantes risquent alors de n’apparaître que comme des formalités destinées à entériner des choix déjà arrêtés.
La liste proposée peut encore changer dans les toutes dernières minutes avant sa transmission à la cheffe du gouvernement désignée, chargée de proposer au roi Mohammed VI les membres de son équipe en vue de leur nomination. Jusqu’au dernier arbitrage, rien n’est donc définitivement acquis. Pour parer à toute éventualité, les formations concernées peuvent conserver plusieurs noms en réserve pour un même portefeuille, laissant ainsi la porte ouverte à des remplacements inattendus.
La mine défaite, certains déçus pourraient laisser éclater leur amertume en apprenant que leur nom n’a pas été retenu. Les plus chanceux, ou les mieux introduits, trouveront au contraire parfaitement naturel d’avoir été choisis pour endosser le costume ministériel, avec les honneurs et les responsabilités qui l’accompagnent. Encore faudra-t-il convaincre dans l’exercice de la fonction : une nomination ne garantit ni cinq années au gouvernement ni une reconduction.
Reste un troisième cas : celui du profil inattendu, que personne ne donnait favori et qui pourrait lui-même découvrir sa désignation sans avoir publiquement sollicité de poste, mais dont les compétences répondent aux exigences du département concerné.
En attendant l’issue de cette course, les listes de ministrables continueront à se faire et à se défaire au gré des pressions, des manœuvres politiques et de la défense des intérêts personnels ou claniques. Au risque de prolonger les tractations et de reléguer au second plan la question essentielle : quelles compétences pour servir quelles priorités ?












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