Avec la disparition de Bernadette Chirac, décédée à l’âge de 93 ans, c’est une page profondément humaine de l’histoire des relations franco-marocaines qui se referme. Le message de condoléances adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Claude Chirac, fille de l’ancienne Première dame de France, est venu rappeler la densité particulière des liens qui ont uni, durant plusieurs décennies, la famille Chirac au Royaume du Maroc.
À la mort du Roi Hassan II, certains avaient pensé que les relations privilégiées entre la monarchie marocaine et la présidence française de l’époque allaient naturellement perdre en intensité. Il n’en fut rien. Bien au contraire, Jacques Chirac, ami fidèle du Maroc, avait conservé avec le jeune Roi Mohammed VI une proximité faite de respect, de confiance et de continuité historique.
Aux côtés de son époux, Bernadette Chirac a incarné cette fidélité discrète mais constante au Maroc. Rarement une famille présidentielle française aura entretenu avec la famille royale marocaine des rapports aussi denses, aussi suivis et aussi chargés d’affection.
Jacques Chirac avait d’ailleurs fait du Royaume l’un de ses lieux de cœur. Taroudant, où il aimait venir se ressourcer, occupait une place particulière dans son attachement au Maroc. Il appréciait également Agadir, ses promenades en bord de mer et cette atmosphère marocaine qu’il retrouvait avec plaisir presque chaque année.
Ces liens, au-delà des protocoles et des fonctions officielles, racontent une amitié rare entre deux peuples, deux États et deux familles. Ils mériteraient à eux seuls un ouvrage entier, tant ils ont contribué à cimenter une relation singulière entre Rabat et Paris.
Avec Bernadette Chirac disparaît ainsi l’un des derniers visages d’une époque où la politique savait encore s’accompagner de fidélité personnelle, de mémoire partagée et d’estime réciproque.



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