À force de vouloir présenter la Coupe du monde 2026 comme la plus grande réussite de l’histoire du football, la FIFA pourrait bien être victime de son propre excès d’optimisme. À un an de l’événement, plusieurs signaux d’alerte viennent ternir l’image d’un tournoi que l’instance dirigeante du football mondial annonçait déjà comme un succès retentissant avant même le premier coup d’envoi.
Les critiques n’ont pourtant pas manqué ces derniers mois. Conditions climatiques parfois extrêmes, prix élevés des billets, soupçons de spéculation sur la billetterie dans certains pays et contraintes logistiques liées à l’immensité du territoire couvert par les trois pays organisateurs — États-Unis, Canada et Mexique — alimentent déjà les débats.
Mais c’est désormais un autre dossier, beaucoup plus embarrassant, qui menace de faire vaciller la communication triomphaliste de la FIFA. Plusieurs associations d’hôteliers américains accusent l’organisation d’avoir artificiellement gonflé les prévisions de fréquentation hôtelière afin de créer l’impression d’une demande exceptionnelle. Selon ces professionnels, des réservations massives auraient été effectuées puis annulées, donnant l’illusion d’une saturation du marché. Conséquence : de nombreux établissements, qui avaient adapté leurs tarifs en conséquence, se retrouvent confrontés à des taux d’occupation bien inférieurs aux attentes et sont contraints de multiplier promotions et réductions pour attirer les clients.
L’affaire pourrait prendre une tournure judiciaire, les représentants du secteur hôtelier envisageant des poursuites contre la FIFA pour les préjudices subis.
Parallèlement, un autre sujet sensible commence à émerger. Les tensions entre Washington et Téhéran pourraient avoir des répercussions directes sur la compétition après le refus des autorités américaines d’accorder l’accès à leur territoire à plusieurs membres de la délégation iranienne, dont le président de la Fédération iranienne de football. Une situation qui soulève des interrogations sur la capacité de la FIFA à garantir l’égalité de traitement entre toutes les nations participantes.
Présentée comme la Coupe du monde la plus rentable, la plus spectaculaire et la mieux organisée jamais conçue, l’édition 2026 n’a pas encore commencé qu’elle accumule déjà les zones d’ombre. De quoi rappeler qu’entre la communication institutionnelle et la réalité du terrain, il existe parfois un écart difficile à dissimuler.
Par Jalil Nouri












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