À quatre ans de la Coupe du monde 2030, l’une des questions qui passionnent déjà les amateurs de football dépasse le simple cadre sportif : quelle ville accueillera la finale du premier Mondial organisé sur trois continents ? Si Madrid semblait, il y a encore quelques mois, tenir la corde avec le mythique Santiago Bernabéu, la donne a profondément changé. L’entrée en scène du Grand Stade Hassan II, actuellement en construction près de Casablanca, bouleverse les équilibres et place désormais le Maroc au cœur des débats.
La FIFA n’a pas encore arrêté son choix. La décision n’est attendue qu’en 2027. Pourtant, dans les médias espagnols, le sujet suscite déjà de vives inquiétudes, preuve que la candidature marocaine est désormais prise très au sérieux.
Le quotidien espagnol ABC reconnaît lui-même que rien n’est acquis pour Madrid. Dans une analyse consacrée à la montée en puissance du football marocain, le journal donne la parole à l’entraîneur espagnol Pablo Franco, ancien champion du Maroc avec le Maghreb de Fès. Selon lui, le Royaume dispose aujourd’hui d’une capacité d’influence considérable au sein des grandes instances du football mondial, fruit d’un travail diplomatique et sportif mené depuis plusieurs années.
Mais réduire les ambitions marocaines à une simple influence serait oublier l’essentiel : le Maroc présente aujourd’hui un dossier solide sur tous les plans.
Le futur Grand Stade Hassan II, dont la capacité dépassera les 115 000 places, est appelé à devenir le plus grand stade de football au monde répondant aux normes de la FIFA. À lui seul, cet équipement constitue un argument majeur pour accueillir l’événement le plus prestigieux du tournoi. Aucun autre stade de la compétition n’offrira une telle capacité d’accueil, un élément qui pèse nécessairement dans la réflexion de la FIFA, soucieuse de proposer une finale à la hauteur du centenaire de la Coupe du monde.
Mais l’enceinte de Benslimane n’est qu’un maillon d’un projet beaucoup plus vaste.
Depuis plusieurs années, le Maroc investit massivement dans ses infrastructures sportives. Les stades de Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Fès font l’objet de profondes rénovations, tandis que les réseaux ferroviaires, autoroutiers, aéroportuaires et hôteliers connaissent une modernisation sans précédent. Le Royaume prépare non seulement la Coupe du monde, mais également l’accueil de millions de visiteurs dans les meilleures conditions.
À ces investissements s’ajoute une réussite sportive devenue incontestable.
La demi-finale historique de la Coupe du monde 2022 au Qatar, les performances remarquées des sélections nationales dans toutes les catégories d’âge, les titres continentaux, la qualité des centres de formation et l’organisation réussie de nombreuses compétitions internationales ont profondément changé l’image du football marocain. Le Royaume n’est plus considéré comme un simple organisateur, mais comme une véritable puissance émergente du football mondial.
Face à lui, l’Espagne conserve naturellement des arguments solides. Le Santiago Bernabéu reste l’un des temples du football mondial, porté par le prestige du Real Madrid et son histoire exceptionnelle. Madrid possède également une longue expérience de l’organisation des grandes compétitions internationales.
Mais le débat ne peut plus se limiter au seul prestige historique.
La FIFA devra arbitrer entre un stade mythique rénové et une enceinte futuriste conçue spécialement pour devenir le symbole du centenaire de la Coupe du monde. Elle devra aussi tenir compte de l’équilibre politique entre les trois pays organisateurs. Attribuer la finale au Maroc reviendrait à consacrer, pour la première fois, un pays africain comme théâtre du match le plus suivi de la planète, un signal fort en faveur de l’universalité du football.
Le Royaume peut également compter sur le poids grandissant de son président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Faouzi Lakjaâ, devenu l’une des personnalités les plus influentes du football africain et international. Son rôle au sein des instances de la FIFA et de la CAF, ainsi que la crédibilité acquise par le Maroc dans l’organisation de grands événements sportifs, constituent des atouts supplémentaires dans cette compétition silencieuse.
La décision finale appartiendra exclusivement à la FIFA, qui devra évaluer les aspects techniques, logistiques, sécuritaires, commerciaux et symboliques des différentes candidatures.
Une chose est toutefois certaine : ce qui apparaissait, il y a encore peu, comme une formalité pour Madrid est devenu un véritable duel. Et si le choix devait se faire sur la vision d’avenir, la capacité d’accueil, les infrastructures de dernière génération et la portée historique du projet, le Maroc dispose aujourd’hui d’arguments qui lui permettent de croire, plus que jamais, que la finale du Mondial 2030 pourrait bien se jouer sur la pelouse du Grand Stade Hassan II de Casablanca.
Par Mounir Ghazali












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