S’il est un parti qui se fait discret, sauf lors des épisodes de désignation contestée de ses candidats, c’est bel et bien le Mouvement Populaire, sans doute l’un des moins médiatisés de la scène politique nationale.
Mis à part ses interventions remarquées au Parlement, son leader Mohammed Ouzzine navigue presque seul à bord, se contentant du strict minimum et n’apparaissant que rarement, sauf lors de meetings ou de sorties fracassantes destinées à maintenir son nom dans l’actualité et le MP en vie.
Fondé par Mahjoubi Aherdane, le parti du monde rural, comme aiment le présenter ses adhérents, a longtemps vécu dans l’ombre de son fondateur avant que son successeur, Mohand Laenser, ne prenne les commandes durant plusieurs décennies pour en faire une formation incontournable de l’échiquier politique, présente dans pratiquement tous les gouvernements successifs, avant de rejoindre l’opposition dans une stratégie jugée contre-nature par certains.
Depuis le départ de Laenser et l’arrivée d’Ouzzine à sa tête, le MP donne l’impression de se contenter d’une figuration intelligente aux côtés des autres formations, tout en flirtant parfois avec des courants éloignés de son identité libérale et rurale. Une posture qui lui a valu le départ de plusieurs cadres vers d’autres horizons politiques.
Mais ces défections ne semblent guère avoir ébranlé l’actuel secrétaire général, devenu seul maître à bord, faisant et défaisant les équilibres internes, tout en laissant s’installer un climat de divisions, de frustrations et de crises silencieuses.
À cela s’ajoute désormais le scandale opposant Mohamed Ouzzine à Mohamed Lakhssam, largement commenté sur les réseaux sociaux. Lakhssam, connu pour son franc-parler et son ancrage local, a dénoncé ce qu’il considère comme une gestion opaque et clanique des candidatures. Cette sortie a provoqué un malaise supplémentaire au sein du parti, donnant l’image d’une formation davantage absorbée par ses querelles internes que par la préparation des prochaines élections.
À quelques encablures du scrutin, le Mouvement Populaire semble donc avancer en ordre dispersé. Au siège du parti, avenue Lumumba à Rabat, le calme apparent règne encore. Mais il pourrait bien s’agir du silence qui précède une tempête électorale annoncée, avec des résultats que certains prédisent déjà en nette baisse lors du vote du 23 septembre prochain.












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