Que se passe-t-il derrière les écrans depuis lesquels une frappe est préparée puis autorisée ? Avec NAZA, les réalisateurs israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor interrogent les mécanismes de la guerre à Gaza à travers les témoignages anonymes de 24 soldats et membres du renseignement. Leur film examine la surveillance, la sélection des cibles et la place accordée aux pertes civiles dans les décisions militaires.
Le titre reprend un acronyme hébreu désignant les « dommages collatéraux ». Derrière cette expression technique, les cinéastes veulent restituer une réalité humaine : des familles, des enfants et des vies dont la disparition peut être anticipée dans les calculs précédant un bombardement.
Dans une présentation de leur démarche, les auteurs affirment que les témoignages recueillis mettent en lumière un système de décisions et de pratiques, plutôt qu’une succession de dérapages individuels. Ils défendent la conclusion selon laquelle les morts civiles ne seraient pas simplement une conséquence accidentelle des opérations contre le Hamas. Cette accusation constitue le cœur de leur enquête et de leur engagement.
Récompensé par le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise, le documentaire prolonge le travail de deux des coréalisateurs de No Other Land. L’armée israélienne rejette les accusations du film et conteste les éléments présentés sur ses méthodes, affirmant chercher à limiter les dommages aux civils.
La polémique a également pris une dimension politique. Benjamin Netanyahu a annoncé vouloir faire adopter une loi permettant de retirer la nationalité à ceux qui diffament les soldats israéliens, en citant notamment NAZA. Il s’agit d’une menace et d’un projet annoncé, et non d’une déchéance de nationalité déjà prononcée contre les réalisateurs.
Une diffusion gratuite sur le site du Guardian est annoncée fin novembre, sans date précise confirmée.
Pour le public marocain, ce film peut offrir un éclairage important sur la responsabilité militaire, la déshumanisation et les limites morales de la puissance technologique. Son intérêt dépasse l’émotion : il invite à comprendre comment des décisions administratives et des outils numériques peuvent éloigner leurs utilisateurs des conséquences humaines de leurs actes.
Voir NAZA, c’est accepter de questionner ce que le langage de la guerre dissimule. Avec les adolescents, cette découverte mérite un accompagnement adapté à leur âge et à la dureté des témoignages, afin de privilégier la compréhension et le respect de la dignité humaine.












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