Le leader du parti de l’Istiqlal, fortement secoué ces jours-ci par l’affaire du départ de Madiha Khayr, à peine nommée ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle, se trouve sous les projecteurs braqués sur le nouveau gouvernement, dont il est un pilier.
Les appels à sa démission résonnent en pleine prise de fonction du nouvel exécutif. Ses détracteurs lui reprochent d’avoir fait preuve de négligence dans le choix de cette responsable pour un poste ministériel et, de surcroît, de l’avoir désignée quelques jours plus tôt comme présidente du groupe parlementaire de sa formation. Une succession de décisions qui interroge sur la préparation de sa nomination au gouvernement.
Une double erreur politique, aux yeux de ses critiques, pour un dirigeant auquel il appartient de s’assurer du parcours des responsables qu’il propose à de hautes fonctions. Les éventuels antécédents judiciaires évoqués dans cette affaire restent toutefois à établir. Quant à l’hypothèse d’une vengeance interne en cette période de nominations, elle ne saurait être présentée comme une certitude. Mais Nizar Baraka, déstabilisé par cette polémique, se voit également reprocher sa gestion de la communication.
Il lui est notamment reproché de s’être abstenu de toute déclaration publique pour donner sa version des faits et expliquer les vérifications effectuées avant cette nomination. Son silence laisse sans réponse les interrogations sur les conditions de ce choix et sur les informations dont disposait la direction de l’Istiqlal.
Une prise de parole permettrait pourtant de clarifier les responsabilités et, si des défaillances étaient reconnues, de présenter des excuses au chef de l’État, à son parti, à la cheffe du gouvernement, aux membres de l’exécutif et aux Marocains. Car, au-delà du sort d’une ministre, c’est la crédibilité du processus de sélection des responsables publics qui est en jeu.
Dans ce contexte, les contestations internes pourraient fragiliser davantage le secrétaire général de l’Istiqlal. Un éventuel départ de Nizar Baraka du parti ou du gouvernement ouvrirait une séquence politique délicate pour la majorité. Sans entraîner mécaniquement l’effondrement de l’exécutif, il pourrait en perturber les équilibres au moment même où le gouvernement Mansouri entame son mandat.



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