La majorité est constituée ; sa solidité reste à construire. Après l’accord officialisé lundi soir entre le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS, Fatima Ezzahra El Mansouri doit désormais composer son équipe et préparer un programme commun. À cette heure du mardi 13 octobre, aucune liste définitive de ministres n’est encore confirmée.
Avec 207 sièges sur 395, cette coalition dispose d’une majorité suffisante, mais d’une marge limitée : neuf sièges au-dessus du seuil requis. La cohésion sera donc une nécessité quotidienne, particulièrement lors des arbitrages budgétaires et des réformes sensibles.
Pour le PAM, l’enjeu dépasse l’accès à la primature. Diriger implique d’assumer les choix, les retards et les résultats de l’ensemble de l’Exécutif. El Mansouri devra éviter que les ministères deviennent des territoires partisans, chacun défendant ses intérêts au détriment de l’action collective. Son autorité se mesurera à sa capacité à imposer des priorités et à résoudre les désaccords.
L’Istiqlal devra concilier son expérience gouvernementale avec la volonté de renouvellement affichée par la coalition. Il ne pourra durablement revendiquer les réussites de la nouvelle équipe tout en prenant ses distances avec les décisions impopulaires. Son influence devra servir une orientation identifiable, plutôt qu’une simple négociation de portefeuilles.
Pour l’USFP et le PPS, le défi est plus délicat encore : transformer leur discours social en décisions financées. Obtenir un ministère ne garantit ni les crédits nécessaires ni la maîtrise des arbitrages. Sans moyens, leurs responsabilités pourraient devenir des vitrines ; avec des résultats tangibles, elles offriraient au contraire une occasion de reconquérir la confiance.
La véritable épreuve sera celle de l’argent public. Les quatre partis peuvent s’accorder sur l’amélioration de la santé, de l’école et de l’emploi. Ils devront ensuite décider quelles dépenses privilégier, quelles recettes mobiliser et quels projets reporter. C’est là que les convergences proclamées rencontreront les contraintes réelles.
Les préparatifs du Mondial 2030 ajoutent une exigence à cette équation. La coalition devra démontrer que les grands équipements contribuent également au développement et ne relèguent pas les urgences sociales au second plan.
Son avenir dépendra ainsi d’un programme chiffré, d’échéances publiques et d’une responsabilité partagée. Les quatre partis ont réussi à s’entendre pour gouverner. Resteront-ils unis lorsqu’il faudra financer les promesses et assumer les sacrifices ? La réponse déterminera leur crédibilité bien davantage que la répartition des fauteuils ministériels.












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