Il y a des députés dont on découvre le nom après leur élection. Et puis il y a ceux dont on attend déjà la première prise de parole. Oussama Barik, à Midelt, et Mustapha Lakhsem, à Sefrou, appartiennent à cette seconde catégorie. Le premier s’est fait connaître en donnant de la visibilité aux difficultés des habitants des montagnes ; le second a bâti sa notoriété sur les rings avant de s’engager en politique locale. Deux parcours différents, mais un même résultat : au lendemain du scrutin, leurs noms circulent bien au-delà de leurs circonscriptions.
Pour une fois, des Marocains qui ne suivent guère les débats parlementaires pourraient tendre l’oreille. Que dira Barik lorsqu’il aura un micro, un temps de parole et des ministres devant lui ? Lakhsem gardera-t-il, face au gouvernement, le franc-parler qui a fait sa réputation ? Les deux hommes arrivent avec un public qui connaît déjà leur visage et leur voix. Chacune de leurs interventions pourrait être filmée, commentée et partagée.
La Chambre des représentants pourrait alors prendre, le temps d’une séance, des airs de terrain de football : deux nouvelles vedettes que le public attend de voir jouer, des duels avec les ministres et des citoyens attentifs au moindre échange. Une question directe de Barik sur une route, une école ou un dispensaire dans les montagnes de Midelt pourrait circuler davantage qu’un long discours de groupe parlementaire. Une intervention énergique de Lakhsem pourrait, elle aussi, réveiller un hémicycle parfois assoupi.
Leur présence pourrait même changer le jeu des autres députés. À côté d’élus dont chaque prise de parole risque d’être reprise sur les réseaux sociaux, les discours convenus paraîtront plus longs encore. Les ministres devront répondre à des questions suivies hors de la Chambre ; les autres parlementaires pourraient se sentir poussés à parler plus clairement et à défendre plus fermement leurs dossiers.
Mais l’attention du public sera exigeante. Les habitants de Midelt attendront de savoir si les problèmes que Barik montrait sur son téléphone seront désormais portés devant le gouvernement. À Sefrou, on voudra voir si Lakhsem peut mettre sa combativité au service de résultats concrets. Une vidéo vue des milliers de fois ne répare pas une route et ne fait pas ouvrir un centre de santé.
Ces deux élus ont une chance rare : donner envie à des citoyens de suivre des séances parlementaires qu’ils ignoraient hier. Réveilleront-ils le Parlement ? Le coup d’envoi approche. Pour Barik comme pour Lakhsem, le véritable score se lira dans les réponses obtenues et les engagements tenus.
Par A.B.












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C’est très bien la représentativité du petit peuple. Mais ils sont malheureusement très limités en capacité d’analyse et de compréhension. Espérons qu’ils deviendront un peu plus éveillés et surtout qu’ils comprendront mieux parce que ça ne vole pas très haut. Bon courage à eux, ils auront beaucoup d’efforts en raisonnement et logique à faire. Pour avoir quelques vidéos de Barik, je l’invite à mettre de côté ses analyses internationales, il est encore très loin de pouvoir aborder ce sujet. Quant au local, il le dit lui-même, il va à la découverte avec une ambition d’essayer de faire ce qu’il pourra. C’est honnête, et il sera intéressant de le suivre. Mais attention : le pouvoir corrompt tout homme de bonne volonté ou le détruit, rare sont les révolutionnaires qui réussissent. On verra bien. Dernier conseil pour eux : jouer de finesse et de patience, et essayer de s’installer sur le long terme (au moins 2 ou 3 législatures pour bien comprendre le système).
C’est comme ces deux personnes qu’il faut au parlement marocain pas des élus qui profitent et dorment pendant 5 très belles années avec une retraite à la fin du mandat