À l’approche de la fin de l’actuelle législature, plusieurs rapports parlementaires portant sur des dossiers sensibles continuent de manquer à l’appel, alimentant les interrogations de l’opinion publique sur l’efficacité réelle du rôle de contrôle du Parlement marocain.
Selon plusieurs sources concordantes, certains rapports élaborés par des commissions thématiques ou des missions exploratoires de la Chambre des représentants auraient été volontairement bloqués sous la pression de lobbys influents au sein même de l’institution législative. Parmi les exemples les plus frappants figure le rapport de la commission parlementaire chargée d’enquêter sur le secteur des carrières de sable et de marbre, resté dans les tiroirs malgré l’ampleur des irrégularités relevées.
Les investigations menées par cette commission auraient mis en lumière la persistance de pratiques de rente dans l’octroi des autorisations d’exploitation, dont bénéficieraient certains opérateurs, y compris des parlementaires. Le rapport aurait également relevé des cas de pillage des ressources extraites, ainsi qu’une sous-déclaration des volumes réellement exploités dans plusieurs carrières autorisées, causant à l’État des pertes estimées à près de 900 millions de dirhams par an.
Alors que ces missions parlementaires sont censées renforcer la transparence et appliquer le principe de reddition des comptes, leur blocage soulève de sérieuses interrogations sur la volonté réelle de faire toute la lumière sur des dossiers liés à l’argent public.
Pour de nombreux observateurs, maintenir ces rapports à l’abri des regards fragilise davantage la confiance des citoyens envers l’institution parlementaire. Dans un contexte économique et social délicat, plusieurs voix appellent désormais le Parlement marocain à assumer pleinement sa mission constitutionnelle de contrôle, au risque de se voir réduit à une simple chambre d’enregistrement.
Au-delà de ce dossier, cette affaire rappelle une évidence souvent oubliée : les députés sont élus pour défendre les intérêts des citoyens et protéger les deniers publics, non pour céder aux pressions de groupes influents ou préserver des intérêts particuliers. Leur mission première est de porter la voix du peuple, de révéler les dysfonctionnements et d’exiger des comptes lorsque l’intérêt général est menacé. En enterrant des rapports sensibles, c’est la confiance des Marocains envers leurs représentants qui s’effrite davantage, au profit d’intérêts privés.












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