L’absence remarquée des moutons à l’approche de la récente fête du sacrifice continue de susciter de vives interrogations au sein de l’opinion publique et de la classe politique. Plusieurs formations parlementaires réclament désormais la création d’une commission d’enquête afin de faire toute la lumière sur cette situation et d’entendre le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari.
Déjà au cœur d’une polémique lorsqu’il avait affirmé devant les députés, quelques semaines avant l’Aïd, que des moutons seraient disponibles à partir de 1.000 dirhams, le ministre n’en finit plus d’essuyer les critiques. Sa gestion du dossier de l’élevage est aujourd’hui vivement contestée par de nombreux parlementaires issus de différents partis, certains allant jusqu’à réclamer sa démission et son remplacement dans les plus brefs délais.
Le débat qui s’annonce particulièrement animé portera notamment sur l’efficacité des milliards de dirhams mobilisés sous forme d’aides et de subventions destinées aux éleveurs et aux importateurs. De nombreux élus s’interrogent sur les résultats concrets de ces dépenses publiques, alors que des millions de Marocains ont été privés de la possibilité de célébrer l’Aïd dans des conditions habituelles.
Le ministre sera également appelé à expliquer les raisons de cette pénurie, malgré les efforts annoncés ces dernières années pour reconstituer le cheptel national durement affecté par la sécheresse et la diminution du nombre de têtes de bétail.
Au-delà des responsabilités individuelles, c’est tout le système de commercialisation du bétail qui pourrait être remis en question. Les regards se tournent notamment vers les spéculateurs et les intermédiaires, régulièrement accusés d’avoir contribué à l’envolée des prix et à la désorganisation du marché. Plusieurs jours après une fête marquée par la frustration et l’incompréhension, cette crise continue d’alimenter une véritable tempête politique.












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