À l’approche de la saison estivale, les pouvoirs publics ont envoyé des signaux encourageants en engageant une vaste opération destinée à libérer le domaine maritime des occupations illégales. Plusieurs interventions ont permis de mettre fin à des installations anarchiques et de rappeler que l’accès aux plages reste un droit public, qui ne peut être soumis à des tarifications abusives.
Cette démarche a été saluée, mais sur le terrain, l’ordre n’a pas encore été rétabli partout. Dans plusieurs stations balnéaires, des individus continuent de s’approprier des portions de sable, imposant la location de parasols, de chaises ou d’espaces sans autorisation claire.
À cela s’ajoute une autre forme d’appropriation plus discrète mais tout aussi problématique : celle de certaines plages ou portions de plages réservées illégalement par des entités privées. Hôtels, cafés, restaurants, clubs ou résidences balnéaires finissent parfois par imposer leurs propres règles sur un espace qui relève pourtant du domaine public maritime. Cette privatisation de fait, souvent maquillée par des installations “réservées à la clientèle”, prive les citoyens de leur droit naturel d’accès au littoral et crée une ségrégation inacceptable entre vacanciers.
Mais le désordre ne se limite pas à l’occupation du sable. La propreté demeure préoccupante sur de nombreuses plages, où déchets, plastiques et restes alimentaires ternissent l’image du littoral. Les nuisances sonores, les vendeurs anarchiques, les parkings sauvages et l’absence de toilettes publiques propres aggravent encore la situation.
La sécurité reste également un chantier majeur. Chaque été, des baigneuses dénoncent des comportements déplacés et du harcèlement, tandis que certaines plages sont monopolisées par des matchs de football improvisés, souvent accompagnés d’échanges verbaux indécents.
Pour un pays qui ambitionne d’accueillir 30 millions de touristes, le littoral ne peut plus être livré à l’improvisation. La création d’une véritable police des plages, régulièrement évoquée mais jamais concrétisée, devient une nécessité. Le Maroc dispose d’un patrimoine maritime exceptionnel. Il est temps de le protéger, de l’organiser et de le rendre réellement accessible à tous.
Par Salma Semmar












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