Le Maroc semble décidé à reprendre la main sur ses plages, longtemps livrées, chaque été, à une anarchie devenue insupportable pour de nombreuses familles. Le ministère de l’Intérieur aurait ainsi averti les communes de ne plus accorder d’autorisations aux intermédiaires saisonniers qui transforment le littoral en commerce sauvage.
Parasols imposés, chaises facturées à prix fort, tables louées sans contrôle, parkings publics privatisés, parcelles de sable occupées comme des propriétés privées : ces pratiques ont fini par provoquer la colère des baigneurs. Dans certaines stations, l’accès libre à la mer était presque devenu théorique, tant les estivants se retrouvaient pris en otage par des groupes organisés imposant leurs règles.
Cette remise en ordre était attendue. Une plage n’appartient ni à une commune, ni à un intermédiaire, ni à une mafia saisonnière. Elle relève du domaine public et doit rester accessible à tous les citoyens, riches ou modestes. Empêcher une famille de poser sa serviette sans payer revient à confisquer un droit élémentaire.
Au-delà du racket, c’est aussi l’image touristique du Maroc qui est en jeu. Un pays qui ambitionne de devenir une grande destination balnéaire ne peut tolérer des plages sales, mal surveillées, bruyantes, sans sanitaires suffisants et parfois livrées aux déchets, aux quads, aux nuisances sonores ou à l’insécurité.
La décision des autorités doit donc être accompagnée de contrôles quotidiens, de sanctions immédiates, d’un meilleur nettoyage, d’une présence renforcée des maîtres-nageurs et d’une vraie organisation du stationnement.
Les Marocains ne demandent pas des plages de luxe. Ils veulent simplement des plages propres, libres, sûres et respectées. C’est à ce prix que le littoral redeviendra un espace de détente, et non un marché à ciel ouvert.












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