En pleine rentrée parlementaire et politique, le leader du parti islamiste PJD n’a rien trouvé de mieux à faire que de plonger sa formation dans des divisions fatales pour son avenir, qui ne se présente plus sous les meilleurs auspices malgré ses gains électoraux.
On l’aura compris, ce ne sont pas les résultats obtenus qui sont à l’origine d’une grave crise de confiance envers son leader imprudent et coutumier du fait, Abdelilah Benkirane. Celui-ci a, une nouvelle fois, jeté un pavé dans la mare en faisant une déclaration malencontreuse sur une figure importante du parti, l’ancien chef du gouvernement El Othmani, qu’il a prié de rester chez lui et dans son cabinet de psychiatre, à l’écart de l’activité du PJD, le tout sur un ton de sentence.
Le motif justifiant, selon lui, cette mise à l’écart serait qu’El Othmani aurait paraphé le document sur la normalisation avec l’État hébreu. Cette sortie inélégante et inappropriée, devenue publique et virale, a eu l’effet d’un coup de tonnerre et provoqué un mouvement de vive colère parmi les apparatchiks du PJD. Le résultat est apparu aussitôt : une levée de boucliers contre Benkirane et des dissensions au sein de l’état-major du parti, avec de sérieux risques d’éclatement.
En visant publiquement El Othmani, Benkirane prend le risque de transformer un désaccord politique en fracture interne. À l’heure où le PJD devrait consolider ses acquis électoraux et préciser sa place dans l’opposition, cette polémique détourne le parti de ses priorités. La question dépasse désormais les relations entre deux anciens compagnons de route : elle touche à la capacité de son secrétaire général à préserver l’unité de sa formation.












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