Au Maroc, les routes rurales continuent de cristalliser une contradiction aussi frappante qu’inquiétante : des milliards de dirhams sont mobilisés pour désenclaver des régions entières, mais quelques années voire quelques mois suffisent parfois pour transformer ces infrastructures neuves en chaussées fissurées, dangereuses ou quasi impraticables. Un constat alarmant que le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a lui-même reconnu devant la Chambre des conseillers.
Le responsable gouvernemental a dressé un tableau sombre de la situation des routes rurales, affirmant que certaines infrastructures se dégradent à grande vitesse après seulement quatre ou cinq années d’exploitation, faute d’entretien régulier. En ligne de mire : les collectivités territoriales, accusées de ne pas vouloir classer plusieurs axes routiers afin d’éviter d’assumer les coûts de maintenance.
Derrière cette réalité se cache pourtant un problème plus profond que la seule question budgétaire. L’échec de nombreuses routes rurales semble résulter d’un ensemble de dysfonctionnements accumulés au fil des années. D’abord, la culture de l’entretien préventif demeure largement absente. Au Maroc, l’on construit souvent davantage qu’on ne préserve. Une route inaugurée avec faste médiatique finit parfois oubliée dès les premières dégradations, jusqu’à atteindre un stade critique nécessitant des réparations beaucoup plus coûteuses.
À cela s’ajoutent plusieurs facteurs aggravants : surcharge des camions transportant matériaux et marchandises, réseaux d’évacuation des eaux pluviales insuffisants, qualité variable de certains travaux, absence de contrôle rigoureux après réception des chantiers, sans oublier les effets du changement climatique. Les fortes pluies, les inondations soudaines et les variations extrêmes de température accélèrent aujourd’hui l’usure des chaussées, notamment dans les zones montagneuses et enclavées.
L’urbanisation anarchique autour de certaines routes rurales contribue également à leur détérioration rapide. Des constructions surgissent parfois sans étude préalable, tandis que des raccordements improvisés fragilisent les accotements et les structures routières. Dans plusieurs régions, les habitants dénoncent aussi l’absence de suivi technique après la livraison des projets.
Face à cette situation, le ministère tente désormais de limiter les dégâts en intervenant directement dans certaines opérations de sauvegarde, malgré le fait que cette mission dépasse théoriquement ses prérogatives. Une révision globale de la classification du réseau routier est également en cours afin de clarifier les responsabilités entre l’État et les collectivités.
Le ministre a notamment évoqué la situation préoccupante de plusieurs axes nationaux, particulièrement dans la province d’Al Haouz, fortement touchée après le séisme. Dans ce cadre, des travaux d’élargissement ont été lancés sur la route nationale numéro 7 reliant Tahanaout à Taroudant, conformément aux orientations royales visant à renforcer les infrastructures dans les régions sinistrées.
Mais au-delà des annonces et des chantiers, la véritable question reste entière : combien de routes devront encore être reconstruites avant que l’entretien ne devienne enfin une priorité nationale au même titre que la construction elle-même ?












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Le ministre doit certainement changer de lunettes, d’informateurs et de procédures de contrôle. Le problème est flagrant, même dans les routes qui ne sont pas dans les régions rurales, et même dans des parties d’autoroutes. Aussi, pourquoi l’épaisseur du marquage au sol est très, très fine et disparaît vite. Est ce que la raison et la corruption qui oblige les un et les autres à fermer les yeux?
Ah c’est un sujet à débatte déjà les tricheries des routes pas de contrôles avant et après les projets pot de vins et c’est vraiment la réalité au Maroc sans cache la face , pas d’entretien ni rien et partout au Maroc pas que dans les zones rurales malheureusement,il y’a beaucoup d’argent aux Maroc à gaspiller sans raison valable et son contrôle des autorités qui savent qui ce qui se passent ?
Je pense qu il faut faire appel à des professionnels locaux: les routes goudronnées se degradent vites pour plusieurs facteurs cités dans l article. Sauf qu il ne faut pas oublier qu avec les grandes chaleurs, les fines couches goudronnees se dégradent vite. Alors il faut penser au modèle local comme en Inde, leurs autoroutes sont construites selon le modèle locales , avec du béton cimenté vu aussi qu il y de la chaleur.