Bien qu’il lui reste une longue série d’épreuves à affronter dans les circuits législatifs, FZ Mansouri, qui faisait hier son baptême du feu devant les deux chambres du Parlement réunies pour l’écouter décliner le programme de son nouveau gouvernement, s’en est très bien sortie. Elle est la première femme à diriger le gouvernement.
Calme, s’exprimant dans un arabe compréhensible de tous, avec son accent de native de Marrakech qui ne la quitte jamais, elle a été largement ovationnée à l’énoncé des projets ambitieux que les Marocains et leurs élus aiment entendre. Mais ce sont ses phrases bien choisies sur sa fierté de représenter les femmes et d’agir pour elles qui ont été les plus applaudies, tout comme le chapitre réservé aux décisions à caractère social que prendra son gouvernement et qui marqueront le plafond de son action, tel qu’il a été conçu.
La conception de ce programme, déjà détaillée sur Actu-Maroc, montre bien l’empreinte convaincante du nouveau ministre des Finances, Faouzi Lakjâa, qui n’aurait pas attendu la composition du gouvernement pour le préparer et le présenter aux autres formations alliées. Celles-ci l’auraient adopté dans la foulée en y ajoutant leurs propres propositions. L’ensemble se présente sous de bons auspices, sauf que ce programme manque d’être chiffré, de l’avis de tous, et n’accorde pas à la conjoncture difficile actuelle et à ses incertitudes l’importance qu’elles méritent, comme si le Maroc vivait seul, en autonomie sur une île, replié sur lui-même au milieu de son océan.
Ailleurs, tous les programmes et budgets présentés pour l’année prochaine tiennent compte de la nature mouvante de cette conjoncture internationale, tant que durera le conflit au Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, celui opposant la Russie à l’Ukraine.
Par Jalil Nouri












Contactez Nous