Le PAM franchit une nouvelle étape dans son installation au pouvoir. Ahmed Touizi a été élu, ce mardi 13 octobre, président de la Chambre des représentants avec 220 voix, contre 59 pour Driss El Azami El Idrissi, candidat du PJD. Sur les 369 bulletins déposés, 90 ont été déclarés nuls. Ce résultat intervient au lendemain de l’officialisation de la majorité réunissant le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS.
Après la désignation de Fatima Ezzahra El Mansouri pour former le gouvernement, l’accès d’un responsable du PAM à la présidence de la première Chambre renforce le poids institutionnel du parti. Cette configuration peut faciliter la coordination entre l’action gouvernementale et le travail législatif. Elle impose aussi une responsabilité : préserver la fonction de contrôle du Parlement et les droits de l’opposition.
Les 220 voix obtenues dépassent de treize les 207 sièges annoncés de la coalition. Le scrutin étant secret, cet écart ne permet toutefois ni d’identifier l’origine des soutiens supplémentaires ni de conclure à un ralliement politique durable. Les 90 bulletins nuls ne peuvent davantage être attribués automatiquement à une formation ou interprétés comme un bloc homogène de contestation.
Pour les trois partenaires du PAM, l’élection ouvre désormais la question des équilibres internes. L’Istiqlal, l’USFP et le PPS devront pouvoir peser sur le programme, les arbitrages et les responsabilités gouvernementales. La cohésion dépendra moins du partage des titres que de leur capacité à participer réellement aux décisions.
Le PJD, malgré la défaite de son candidat, dispose pour sa part d’une occasion d’affirmer une opposition parlementaire identifiable. Son influence se mesurera à la qualité de son contrôle, de ses propositions et de ses interventions, au-delà de la confrontation politique.
Le PAM sort donc renforcé de cette séquence. Mais cette prééminence réduit aussi la possibilité de diluer les responsabilités : lorsque les principaux leviers institutionnels se rapprochent, les citoyens savent davantage vers qui tourner leurs attentes. Le défi sera de transformer cette force politique en efficacité publique, tout en maintenant un Parlement capable d’interroger et de contrôler l’Exécutif.












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