Le RNI ouvre la porte à une participation, l’Istiqlal poursuit les négociations, tandis que le PPS, l’USFP et le Mouvement populaire gardent leurs options ouvertes. Ce vendredi 2 octobre au soir, Fatima Ezzahra El Mansouri dispose de plusieurs combinaisons possibles, mais aucune coalition définitive n’a encore été annoncée.
La première tournée de consultations a permis de mesurer les disponibilités des partenaires potentiels. Elle n’a toutefois pas débouché sur un accord public concernant la composition de la majorité, le programme commun ou la répartition des responsabilités ministérielles. Derrière les déclarations conciliantes, les décisions politiques essentielles restent à prendre.
Le principal changement vient du Rassemblement national des indépendants. Alors que son passage dans l’opposition avait été évoqué, son bureau politique recommande désormais une participation au prochain exécutif. Le Conseil national, convoqué samedi 3 octobre à Rabat, devra se prononcer. Cette ouverture remet pleinement dans le débat une reconduction du trio PAM–RNI–Istiqlal, avec une direction gouvernementale désormais assurée par le parti arrivé en tête.
L’Istiqlal apparaît également disposé à poursuivre l’aventure gouvernementale. Les informations disponibles font état d’une tendance favorable à la participation, sans accord conclu à ce stade. Nizar Baraka conduit les tractations, tandis que le Conseil national de samedi doit préciser le cadre politique de leur poursuite.
À gauche, les positions demeurent plus réservées. L’USFP insiste sur le contenu du projet gouvernemental avant de confirmer son engagement. Le PPS, lui, n’a pas tranché : après plusieurs heures de débat ce vendredi, son bureau politique a maintenu sa réunion ouverte et doit reprendre les discussions samedi. Selon les informations publiées en début de soirée, l’identité des autres partenaires, particulièrement une éventuelle présence du RNI, compte dans sa réflexion.
Le Mouvement populaire attend également son Conseil national extraordinaire de samedi pour décider entre majorité et opposition. Le PJD et l’Alliance de gauche ont, pour leur part, confirmé leur choix de l’opposition.
L’arithmétique permet de comprendre les options. Avec 97 sièges, le PAM doit réunir 101 députés supplémentaires pour atteindre le seuil de 198. Un accord avec le RNI et l’Istiqlal porterait la coalition à 228 sièges. Une alliance avec l’Istiqlal, l’USFP et le PPS en réunirait 207. Avec l’Istiqlal, le Mouvement populaire et le PPS, le total atteindrait 210. Ces calculs reposent sur les résultats définitifs ; ils ne préjugent pas des accords politiques.
La piste d’un rapprochement du PAM avec les trois formations historiques de la Koutla — Istiqlal, USFP et PPS — est ainsi évoquée. Elle demeure une hypothèse de négociation, dont la réalisation dépend notamment des décisions internes et des convergences programmatiques.
Une majorité pour gouverner, au-delà de l’investiture
À la lecture de ces positions, le défi d’El Mansouri semble moins résider dans la possibilité de réunir les voix nécessaires que dans le choix d’une alliance capable de tenir cinq ans.
La formule PAM–RNI–Istiqlal offrirait une marge parlementaire confortable et l’expérience du travail gouvernemental commun. Mais elle imposerait de clarifier ce qui change dans les priorités, les méthodes et les responsabilités. Reconduire les mêmes partenaires sous une nouvelle direction peut faciliter la continuité des projets ; cela exige aussi un bilan partagé pour éviter de reproduire les désaccords de la précédente période.
Une coalition avec l’Istiqlal, l’USFP et le PPS pourrait porter une inflexion politique et sociale. Elle devrait cependant transformer cette ambition en engagements précis : quelles mesures pour le pouvoir d’achat, quels moyens pour l’emploi, quel calendrier pour les services publics ? Avec 207 sièges, sa marge au-dessus du seuil serait plus étroite. La discipline collective et le règlement des différends deviendraient essentiels.
Élargir davantage l’alliance renforcerait son assise numérique, tout en multipliant les négociations et les attentes. Une majorité nombreuse reste vulnérable si chaque partenaire défend son propre programme ou attribue les difficultés aux autres.
Le choix le plus convaincant sera donc celui qui associera une assise parlementaire suffisante à un pacte clair : priorités communes, responsabilités identifiées et mécanisme d’arbitrage. Les réunions de samedi peuvent ouvrir cette voie. Leur portée se mesurera aux engagements qu’elles permettront de négocier. Pour les citoyens, la réussite du prochain gouvernement commencera lorsque l’accord entre partis produira des résultats visibles dans leur quotidien.



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