Longtemps reléguée au second plan, la santé mentale occupe aujourd’hui une place grandissante dans les débats de société à travers le monde. Stress, anxiété, dépression, burn-out ou encore addictions touchent de plus en plus de personnes, sans distinction d’âge ou de milieu social. Pourtant, au Maroc, beaucoup hésitent encore à parler ouvertement de leur souffrance psychologique, par peur du regard des autres, des préjugés ou de l’incompréhension de leur entourage.
Les mentalités évoluent-elles réellement ou la santé mentale demeure-t-elle un sujet difficile à aborder dans notre société ? Avez-vous déjà été confronté à cette réalité, directement ou à travers un proche ?












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Beaucoup de personnes souffrent en silence par peur du jugement ou de l’incompréhension de leur entourage. Cette situation est particulièrement inquiétante chez les jeunes confrontés au stress, aux addictions et aux difficultés du quotidien. Mais où est la communication ? Où sont les campagnes de sensibilisation ? Et surtout, où sont les hôpitaux et centres spécialisés capables d’accueillir et d’accompagner dignement les personnes en souffrance psychologique ? La santé mentale mérite d’être une véritable priorité nationale.
Pas de Médicaments pour les TDAH
Messieurs les responsables,
le TDAH n’est pas qu’un simple « déficit d’attention » : c’est un lourd handicap neurobiologique qui touche le cortex préfrontal, entraînant un véritable dysfonctionnement exécutif souvent assimilé à tort à de la « paresse ». Les enfants, adolescents, jeunes adultes, puis adultes souffrent de difficultés massives de traitement de l’information auditive, de l’oubli pathologique au quotidien, et de troubles « dys » fréquemment associés (dyslexie, dyspraxie…). Les conséquences sont dramatiques : échec scolaire précoce, sentiment d’échec terrible chez l’adolescent, perte d’estime de soi, décrochage, et à l’âge adulte, incapacité à conserver un emploi ou à gérer sa vie familiale. Aujourd’hui, sans méthylphénidate disponible au Maroc, ces personnes sont laissées sans solution. Ce médicament, utilisé encadré par des spécialistes, n’est pas un « dopant », mais un outil qui permet de réveiller un cortex préfrontal en sommeil. L’acronyme TDAH, réducteur, ne traduit absolument pas l’ampleur des souffrances.
Nous vous en supplions : autorisez sa vente encadrée, car nos enfants meurent à petit feu d’un handicap qu’on pourrait traiter.
Ce n’est pas une question de « sujet tabou », c’est une question d’ignorance et d’inconscience.
La société marocaine ne dispose pas toujours des moyens cognitifs ni du niveau de sensibilisation nécessaires pour identifier ce qui nuit à la santé mentale.
Une grande partie de la population vit dans la pauvreté, le chômage, la dépression et parfois dans des conditions précaires pouvant aller jusqu’à la malnutrition dès l’enfance. Beaucoup de parents n’ont pas les outils éducatifs et émotionnels pour éduquer leurs enfants.
Même dans les familles aisées, nous manquons souvent de conscience, de connaissances et de moyens pour détecter les difficultés psychologiques ou neurodéveloppementales dès le plus jeune âge.
L’État ne fait rien : nos écoles n’ont même pas d’assistants sociaux, ni de psychologues, ni d’infirmières chargés du suivi des enfants et des adolescents.
La seule phrase que tout le monde répète est : « Meskine, meskina, hadchi li kteb 3lih Allah ». Or, cette résignation est déjà un problème en soi. Elle empêche de chercher des explications, des solutions et de l’aide lorsque cela est nécessaire.