Comme les dons des entreprises et des particuliers sont strictement encadrés par la législation électorale marocaine, les partis politiques doivent compter, pour mener campagne, sur les contributions de leurs membres, mais surtout sur les subventions accordées par l’État.
Pour le scrutin de 2026, le ministère de l’Intérieur a débloqué une enveloppe de 450 millions de dirhams, répartie en deux parties : 400 millions destinés aux partis politiques répondant aux conditions fixées et 50 millions réservés aux jeunes candidats indépendants, qui feront leur première apparition dans cette compétition électorale.
Ces subventions ne sont pas remboursables dès lors qu’elles sont utilisées conformément aux règles en vigueur, mais les dépenses engagées doivent être scrupuleusement justifiées. La Cour des comptes peut ensuite exercer son contrôle sur l’utilisation de ces fonds publics. Gare alors aux dépenses non justifiées, aux irrégularités et, plus encore, aux éventuelles déclarations mensongères.
Les partis n’ayant pas encore régularisé leur situation, notamment en matière de justification de leurs dépenses de fonctionnement, de leurs activités ou de précédentes campagnes électorales, peuvent se retrouver privés de tout ou partie du financement public auquel ils auraient pu prétendre, sans préjudice des procédures prévues par la loi en cas d’irrégularités.
De ce fait, certaines formations pourraient aborder ce scrutin dans une situation financière particulièrement délicate, faute de pouvoir bénéficier normalement des subventions destinées à couvrir leurs frais de campagne.
Le budget global consacré au financement des partis est réparti selon les critères prévus par la législation, tenant notamment compte de leur représentativité et de leurs résultats électoraux. Son utilisation fait également l’objet d’un contrôle destiné à garantir la bonne gestion de l’argent public et à éviter que ces subventions ne servent à financer des dépenses sans rapport avec leur véritable objet, notamment des festins ou autres futilités destinés à séduire les électeurs.
Sur le fond, une question revient pourtant à chaque rendez-vous électoral : la scène politique marocaine a-t-elle réellement besoin d’autant de partis ?
Car au-delà du pluralisme, indispensable à toute démocratie, se pose aussi la question de l’efficacité de l’argent public consacré à des formations dont certaines ne disposent que d’une représentativité limitée et peinent à exister entre deux élections.
À l’heure où 450 millions de dirhams sont mobilisés pour accompagner le scrutin de 2026, le débat mérite donc d’être posé : faut-il continuer à financer un paysage politique aussi fragmenté, alors même que le véritable défi reste de convaincre davantage de Marocains de retourner aux urnes ?
Par Jalil Nouri












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