Le Maroc aborde l’année 2026 avec des signaux budgétaires encourageants. Au premier trimestre, les finances publiques ont enregistré une nette amélioration, portée par une progression soutenue des recettes de l’État et une maîtrise relative des dépenses.
Selon la note de conjoncture de la Direction des études et des prévisions financières, les dépenses globales de l’État ont augmenté de 4,4 % à fin mars 2026, soit 4,7 milliards de dirhams supplémentaires. Mais cette hausse a été largement compensée par la forte dynamique des recettes ordinaires, qui ont progressé de 8,4 %, générant 9 milliards de dirhams additionnels par rapport à la même période de l’année précédente.
Résultat : le Maroc dégage un excédent budgétaire de 5,1 milliards de dirhams, contre seulement 768 millions un an plus tôt. Une performance qui traduit une meilleure tenue des rentrées fiscales et offre à l’État une marge de manœuvre appréciable dans un contexte international toujours incertain, marqué par les tensions géopolitiques et la volatilité des prix de l’énergie.
Cette embellie ne s’est pas faite au détriment de l’investissement public. Les dépenses d’équipement du budget général ont progressé de 6,3 %, confirmant la volonté de soutenir les grands projets d’infrastructures et d’accompagner la dynamique économique nationale. Dans le même temps, les crédits bancaires ont augmenté de 8,3 % à fin février, signe d’un financement plus actif de l’économie.
Mais au-delà des chiffres bruts, une question essentielle se pose : quelle est la nature réelle de cette amélioration des recettes ? S’agit-il d’un effet durable lié à une reprise économique solide et à une meilleure efficacité de la collecte fiscale, ou d’un phénomène conjoncturel ? La réponse à cette interrogation conditionnera la pérennité de cette embellie budgétaire.
Cette progression des recettes peut également refléter une pression fiscale accrue dans un contexte où entreprises et ménages restent déjà fortement sollicités. Une réalité qui invite à nuancer l’enthousiasme suscité par ces performances.
Par ailleurs, si l’excédent budgétaire constitue un signal positif, la question de l’endettement public demeure centrale. Le maintien d’un effort d’investissement soutenu implique un équilibre délicat entre croissance, financement et soutenabilité des finances publiques.
Enfin, au-delà des indicateurs macroéconomiques, l’enjeu principal reste l’impact concret sur les citoyens. Cette amélioration des finances publiques se traduira-t-elle par un meilleur pouvoir d’achat, davantage d’emplois ou une amélioration des services publics ? C’est sur ce terrain que se mesurera réellement la portée de cette performance.
Ainsi, si le Maroc affiche une situation budgétaire en nette amélioration, le défi consiste désormais à transformer cette dynamique en un levier durable de croissance et de développement inclusif.
Par Mounir Ghazali











Contactez Nous